‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 75 sur 182 · Ad.. p · texte numérisé non relu

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tendance el l'eirort, l'élément intiiilif que la catégorie universalise en le projetant dans les choses. On peut dire en ce sens que les fonctions qui répondent à ces caléoories, la passion et la volonté, subordonnent le représenté au représentatif dans la représentation.

La passion est la fonction donnée dans la synthèse d'un élat et d'une tendance de la conscience. Inlervalh» de deux états, la tendance est relative tout à la fois à un état initial, qui est le point de dé[)art, et à un état linal, qui est le point d'arrivée, elle est par suite négative de l'un et de l'autre. L'état initial peut être manque, besoin, imperfection, l'état final plénitude, perfection relative, ou inversement, de là le caractère antithétique des modes de la passion. « La passion contient un rapport essentiel avec la finalité; toute passion existe sous condition d'une tin j)roposée, et les passions varient avec les fins. » Dune lin donnée d'ailleurs on ne déduit pas plus la passion que du mouvement externe la sensation : on constate le rapport comme un fait premier de la nature humaine. On peut considérer la fin, ou comme aperçue dans un éloignement plus ou moins grand, ou comme présente, possédée avec une certaine stabilité, ou au moment même où elle est atteinte. « La conscience est diversement atfectée dans ces trois cas, et c'est là une première base de la classilication générale des passions. » Uenouvier cherche donc le principe de sa classilication non dans les objets d'aboid, mais avant tout dans le sujet, dans la manière dont il réagit à l'égard des fins, selon qu'elles se présentent sous diverses conditions de temps. Si la fin s'oll're à distance comme possible, comme réalisable, nous avons les passions développantes^ c'est-à-dire celles })ar lesquelles l'être tend non seulement a lu conservation mais au développement de son être (formes fondamentales : désir, aversion; bien, mai, heau^ laid\ formes dérivées : espoir^ crainte, résignation, désespoir, etc.). Les passions possédantes, c'est-à-dire qui accompagnent la

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possession de la iin réalisée sont, dans leur antiliièse. la joie et la /ristesso que I{enou\ icr distingue du plaisir et de la douleur : il y a des plaisirs sans joie, des douleurs volontaires sans tristesse. Au moment de la i-éalisation d'une fin favorable ou contraire, il se produit dans la conscience, comme passive et affectée, une émotion, et dans la conscience, comme active et se soulevant d'ellemême, un transport (passion acquérante : enthousiasmp, attendrissejnent, étonnement, sentiments du sublime et du ridicule; colère, etc.). Le principe du développement de Vêtre est fondamental dans la passion, et prime, en théorie comme en fait, le principe de conscrcation de soi, que plusieurs philosophes ont préféré.

La volonté répond à la catégorie de causalité, et, en tant que libre, qu'assurant à l'individu un champ d'action 011 il ne dépend que de lui-même, à la catégorie de personnalité. « La volonté est la force, en tant que synthèse de Vacte et de la puissance dans la conscience humaine : synthèse de la puissance, c'est-à-dire des phénomènes possibles en vertu de la constitution fonctionnelle et des conditions données; et de Y acte, c'est-à-dire des phénomènes actuels, qui ne se comprendraient point sans cette puissance \ »

Avant d'étudier la volonté, qui est la fonction humaine par excellence, car la raison la suppose, et la science, comme la morale, est suspendue aux problèmes qu'elle pose et qu'elle permet seule de résoudre, montrons tout à la fois et l'unité et la distinction des quatre grandes fonctions humaines : sensibilité, intelligence, passion, volonté, que nous avons définies dans leur relation aux lois primordiales de la représentation. Ici encore Renouvier maintient le plusieurs contre l'un, la multiplicité des fonctions humaines contre la prétention de les faire toutes sortir d'un phénomène unique. Isolez l'intelligence,

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