‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 8 sur 182 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

propagande \ On peut remarquer aujourd'liui un grand relâchement de Tesprit logique dans la manière dont l'idée de certitude est appliquée aux sciences de la nature". » On franchit d'un bond des intervalles immenses. Les hypothèses ne sont plus subordonnées aux faits, mais les faits aux hypothèses qu'on généralise à l'excès. Si la théorie de Darwin est déjà plus qu'une interprétation des phénomènes observés, que dire de l'évolutionisme de Spencer qui a la prétention de ne devoir ses jrremiers principes qu'à l'induction scientifique : « c'est un procédé complètement arbitraire de déduire le monde et son^évolution de certaines idées de la matière, de la force et de leurs lois, à moins que. comme Descartes, on ne prête une valeur absolue en soi à ces idées ». Dans toute induction se dissimule une hypothèse qui lui donne un caractère relatif et une portée limitée \ La Science n'est jamais que l'universalisation illégitime des inductions et des hypothèses des sciences particulières ; elle érige en principes absolus des données qui n'ont pas été mises en discussion et que ne justifie que leur application à un certain ordre de phénomènes. C'est au nom des sciences mêmes qu'il faut combattre ce qu'on appelle la Science. La Science est « une religion arbitraire et négative ». Ne soyons pas dupes des mots. La Science n'existe que dans la mesure oii l'on oublie et néglige la méthode et les conditions de chaque science particulière. « 11 ne faut pas dire : la Science, il faut dire : les sciences. La Science n'existe pas, elle ne peut exister, à moins de perdre le caractère qui appartient en commun à toutes les sciences et qui est simplement celui-ci : aucune d'elles ne fournit la démonstration de ses premiers principes. Toutes reposent sur des faits et des rapports acceptés, sur des

\. Critique ph. d873, t. I. p. 233.

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