‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 80 sur 182 · Psychologie nilionnelle, I, p · texte numérisé non relu

Psychologie nilionnelle, I, p

18G LA PIIII.OSOPHIK DE RF.NOUVIER

ciencc, son cfïort est toujours un oiïort idéal, tout inlérieur; c'est à tort qu'on lui attribue le pouvoir locomoteur, elle n'agit pas directement sur les muscles pour. les mouvoir. L'étude des rapports du mouvement aux faits représentatifslui sert à justifier ce paradoxe apparent. Et d'abord il faut maintenir que les faits psychiques modifient l'organisme, y produisent des changements réels par une action efficace ; rien à cela de surprenant si on laisse à la cause son caractère phénoménal, si l'on se souvient qu'elle ne passe pas dans l'effet, qu'elle ne s'y transforme pas, qu'elle est une loi, qu'elle pose une relation, qu'elle n'exprime rien de plus que la concordance harmonique des phénomènes dans le devenir. Que «les fonctions inférieures soient des conditions d'existence des fonctions supérieures », les faits le prouvent et l'on ne songe guère à le nier, « mais cette loi n'est que la moitié de ce que l'expérience nous enseigne. Lorsque l'être est envisagé à ce degré de l'évolution dos phénomènes où un organisme complet est donné avec les fonctions passionnelles et volontaires, un ordre nouveau et inverse de causalité s'établit, observable il est vrai dans les limites de l'animalité supérieure seulement, mais cela suffit et la loi que je constate est cela môme. Les fonctions élevées à la conscience se subordonnent de plus en plus les fonctions inférieures et les dirigent, et la nature change en quelque sorte de face \ » Ainsi le supérieur est lié à l'inférieur, sa condition ; par là il en dépend, mais il n'en sort pas, il n'en est pas une métamorphose, il en reste distinct, quelque chose de nouveau commence avec lui, il a une existence propre et il réagit à son tour sur ce qui le précède.

L'instinct, la passion (troubles organiques concomitants, physionomie), l'imagination (action de médicaments imaginaires : baquet de Mesmer, hallucinations) modifient l'organisme, y produisent des mouvements. « A nous en tenir

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