‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 81 sur 182 · Essai de psycholo'jie, I, 3oT · texte numérisé non relu

Essai de psycholo'jie, I, 3oT

aux faits observables^ nous voyons des phénomènes représentatifs précéder constamment certains phénomènes organiques et physiques (ordre de l'imagination et des passions'!. Infirmer celte succession constante et la causalité qui s'ensuit selon la nKÎtliode positive, en alléguant l'existence de termes organiques latents qui seraient les vrais et essentiels précédents de ceux que nous apercevons dans les deux ordres, c'est jusqu'à nouvel ordre une hypothèse arbitraire et que la rigoureuse analyse ne permet point ^ » Le rapport qui nous montre sous la forme la plus intéressante la production du mouvement par la représentation est la loi des mouvements préimaginés. Qu'un mouvement soit imaginé, qu'à cette image se joigne une passion plus ou moins vive, désir, crainte ou seulement attente anxieuse, il se manifeste dans lesoi'ganes une disposition à réaliser le mouvement imaginé en tant que leur spontanéité le comporte (pendule de Chevreuil). Renouvier montre avec une grande perspicacité les applications multiples de cette loi féconde : il y rattache les faits d'excitation sympathique (contagion du bâillement, du rire), tous les cas de vertige, « oi^i, contre les fins naturelles de l'individu et à son dommage, un mouvement physique, auquel une voli lion rétléchie serait loin de s'appliquer, se produit en suite de la représentation de ce même mouvement, dont la possibilité est imaginée avec un grand trouble passionnel », et ces analogues du vertige, fascination liée à la peur, possession démoniaque, monomanie homicide, prodiges prétendus du spiritisme (tables tournantes, etc).

Ainsi l'instinct, la passion, l'imagination se lient étroitement, en vertu d'une loi de concordance harmonique, à certains phénomènes musculaires déterminés; faut-il admettre entre la volonté et le mouvement une relation du même ordre ? La volonté d'un mouvement détermine-

Page 1