‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 91 sur 182 · Psycholo(jie rationnelle t. H, p · texte numérisé non relu

Psycholo(jie rationnelle t. H, p

sont exigées par leurs précédents et que le savant parvenu à l'idéal du savoir, celui dont la connaissance s'étendrait par hypothèse à toutes les lois réelles du monde, serait en état de prévoir et de mesurer par anticipation les moindres inflexions de la queue d'un chien par exemple, en tel sens et à tel instant'. » Prenez enfin la méthode scientifique elle-même, elle repose sur l'induction, et l'induction jamais n'est démonstrative, toujours elle est obligée de faire une place à la croyance et toujours, dans l'attente de l'avenir, elle garde quelque chose d'hypothétique, elle autorise un doute que nous dépassons par un élan de la volonté. Mais si une induction particulière, à la prendre isolément, ne suffit point à établir la nécessité de la loi qu'elle pose, ne peut-on dire avec Stuart Mill que le déterminisme, confirmé par chaque loi nouvelle, sans cesse vérifié par le témoignage accumulé de toutes les séquences invariables constatées, exclut l'hypothèse d'une indétermination réelle des phénomènes dans notre monde? L'expérience ne donne ni l'universel, ni le nécessaire ; Stuart Mill ne peut, sans trahir sa propre méthode, fonder sur l'expérience une induction poussée au delà de toute expérience possible. Les partisans du libre arbitre lui opposeront les faits contingents, les volitions humaines qu'il ne daigne pas examiner. Il n'y a pas, pour les philosophes, d'associations inséparables ; la réflexion les dissout. Le fondement de l'induction ne repose pas sur la nécessité d'une habitude ii-résistible ou d'une évidence rationnelle, il résulte de la décision réfléchie du philosophe qui accepte tout à la fois, conformément aux lois de la pensée et aux données de l'expérience, le déterminisme et ses limites, les lois constantes de la nature et les actes contingents de la liberté, l'enchaînement des phénomènes et la rupture de la continuité par les commencements absolus qu'exige à l'origine des choses le principe de con-

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