‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 35 sur 90 · Le Principe de lit morale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de lit morale, p

2 Ibid., p. 124.

substantielle et métaphysique de l'esprit et du corps qui subsiste encore çà et là comme opinion traditionnelle, où l'on voit même encore çà et là par habitude une condition de l'ordre moral, mais dont on n'essaye plus de se rendre compte, parce qu'elle oppose une barrière insurmontable à l'intelligence des faits biologiques les mieux établis '. »

Voilà qui est clair. La biologie ne permet plus de prendre au sérieux la distinction cartésienne des deux substances, d'appuyer sur la notion traditionnelle de l'âme celle de l'individu séparé et indépendant. La solidarité est en contradiction avec le spiritualisme classique. Mais la solidarité est attestée par l'expérience, et le spiritualisme classique n'est qu'une théorie superficielle et insuffisante de l'ordre moral.

Peut-on accorder à l'individu une unité simple et absolue? Peut-on nier qu'il procède de l'espèce, qu'il vive dans l'espèce et par l'espèce, qu'il tienne de ses ancêtres, c'est-à-dire de l'espèce, ses traits, sa complexion, sa taille? Voilà la solidarité matérielle. Mais la solidarité morale n'est pas moins évidente. N'estce pas en partie à la race et au sang, en partie à l'éducation et au milieu, c'est-à-dire encore à l'espèce, que nous devons nos goûts et nos penchants? Produits de l'hérédité et de l'instinct d'imitation, nos penchants et nos goûts n'entrent-ils pas pour une part dans notre conduite? Les actes qu'on nous impute et que nous nous imputons nous-mêmes sont-ils entièrement nôtres? Ne sont-ils pas partiellement le fait de nos voisins, de nos parents, et, de proche en proche, les actes de l'espèce? Les habitudes qui en

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