‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 36 sur 90 · Le Principe de la inorale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de la inorale, p

naissent ne s'incorporent-elles pas dans les organes et ne passent-elles pas aux descendants à titre de particularités naturelles? Ne transmettons-nous pas à nos enfants l'héritage de nos vertus et de nos passions? Et n'est-il pas aisé de se convaincre, si l'on y regarde de près, que cette seconde nature, l'habitude, forme, sinon le tout, au moins la plus grande partie de la première?

(( Acquise ou primitive, la nature joue indubitablement un rôle dans la détermination de notre activité morale. Et qui dit nature dit espèce : ce sont deux mots pour une même idée. Les différences individuelles proviennent des germes, c'est-à-dire du mélange de sangs déjà mélangés eux-mêmes. Pour contester la solidarité morale, il faudrait oser dire que les dispositions naturelles et les dispositions acquises, que les influences acceptées et les influences subies n'entrent pour rien dans notre conduite. On n'y songe pas; mais on ne songe pas non plus à se demander jusqu'à quel point ces évidences sont compatibles avec l'individualisme induit de la première apparence ou transmis lui-même par la tradition ' . »

La solidarité matérielle et morale qui unit les hommes ne peut s'expliquer que par l'unité substantielle de l'espèce. Mais cette unité se heurte à diverses objections. D'abord au préjugé des sens : nous sommes portés à confondre l'unité de l'être avec celle de la figure, c'est-à-dire avec l'apparence de la continuité dans l'espace. L'individualisme, que soutenaient les nominaux, résultait de cette confusion.

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