‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 37 sur 90 · Le Principe de la morale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de la morale, p

A quoi Secrétan répond, comme les réaux, que la raison n'est pas dupe de l'apparence sensible, qu'elle saisit et afflrme des réalités qui échappent aux sens, en un mot, qu'elle voit l'espèce là où les sens ne perçoivent qu'individus.

Une autre objection, plus forte, se tire de la conscience psychologique. On ne peut nier que la conscience ne soit individuelle. Je me sens exister, vous vous sentez de même, donc nous sommes deux.

Oui, nous sommes deux, répond le philosophe, mais dans quel sens, et jusqu'à quel point, voilà la question. Nous sommes deux, suit-il de là que nous ne soyons pas un? L'individualité de la conscience ne peut être alléguée contre l'unité substantielle de l'espèce, parce que cette individualité est purement « formelle », parce qu'elle n'est « après tout qu'une sensation, pour ne pas dire la borne d'une sensation, un phénomène d'une souveraine importance assurément, mais dont on ne saurait saisir la portée véritable qu'en le considérant dans ses rapports avec tous les autres ' ».

« La conscience n'est qu'une forme, identique en chacun de nous. La forme n'importe pas seule. Examinons la matière : eh bien, dans la même langue que nous avons reçue ensemble de nos pères, nous exprimons les mêmes opinions, les mêmes sentiments, qu'ils nous ont pareillement transmis avec leur langage. Nos pensées ne sont point à nous; nos inventions sont des réminiscences; toutes les consciences sont des instruments plus ou moins d'accord,

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