Le Principe de la morale, p
PiLLO.N. 5
OÙ le même air se répète. Qui cannait l'un, connaît l'autre '. »
Secrétan avait déjà soutenu éloquemment, dans un écrit antérieur, que la conscience, en raison de son caraclère formel, ne peut être invoquée par l'individualisme; que sous cette forme, la conscience, par laquelle les individus sont distincts et séparés, tout nous porte à reconnaître l'unité du fond, l'unité humaine.
« Cette conscience, identique en tout être pensant, et qui le pose comme une unité rigoureusement circonscrite, en opposant le moi au non-moi et le je au toi, cette conscience n'est qu'une forme; Kant l'a déjà dit. Il ne faut pas s'arrêter à la forme, il faut regarder ce qu'elle contient. Nous avons conscience de notre particularité, oui, sans doute; mais nous la sentons comme une limite et par conséquent nous tendons à la dépasser. Nous voulons vivre dans les autres, et il nous plaît qu ils vivent en nous. Nous voulons nous répandre; nous voulons rompre le sceau fatal imprimé sur notre âme, car c'est un besoin pour nous d'être compris. L'ambition veut absorber les autres en elle ; le dévouement veut s'absorber en eux. Les sentiments les plus naturels, les mobiles les plus puissants de notre activité, l'espi'it de famille et son âpre obstination, l'esprit national et sa brûlante énergie, l'irrésistible impulsion de la sympathie, l'instinct, le langage, la nature, le devoir, l'homme entier restent une énigme insoluble à cette psychologie atomislique qui ne voit de réel que les individus. Nous portons au fond de notre cœur la conviction absolue que nous sommes en cause dans