‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 4 sur 90 · La Philosophie de Leibniz, Vl" leçon, p. 111, note · texte numérisé non relu

La Philosophie de Leibniz, Vl" leçon, p. 111, note

chose doit être, parler d'un bien ou d'un mal dans un sens quelconque, c'est entrer dans le système de la liberté '. »

L'optimisme leibnizien est superficiel. Secrétan montre ce qui lui manque. Il ne suflit pas, remarquet-il, de dire, comme Leibniz, que, dans ce monde, le mal est la condition du mieux ; il faut expliquer comment il peut l'être; et il faut que l'explication soit sérieuse, qu'elle pénètre l'intime réalité, qu'elle satisfasse la conscience morale. Cette explication ne peut se trouver que dans la liberté. « Par son déterminisme, Leibniz s'est privé du seul moyen d'arriver au but. » Sans la liberté, le mal le plus grand, le mal-principe ne serait pas possible; mais le bien le plus élevé, le bien-principe, le vrai bien ne le serait pas non plus. Donc, la possibilité du mal, inséparable de la liberté réelle, « est l'un des caractères de la création la plus parfaite, celle dans laquelle Dieu produit à son image ?. Tout absurde et tout cruel que souvent paraisse ce monde, la liberté le rend digne de Dieu. « Ce qui explique le monde, c'est la chute; ce qui explique la chute, c'est la liberté; ce qui explique la liberté, c'est Dieu lui-même. »

Cette première esquisse de la philosophie de la liberté se termine par quelques pages où déjà se trouvaient, condensées en brèves formules, les idées que Secrétan développera plus tard sur la création et sur la restauration de la créature déchue.

Toute substance, dit-il, est source d'action, c'està-dire force, c'est-à-dire volonté. La substance divine est la volonté divine. Toute substance créée est faite

Page 1