Le l'i'inciiie de la morale, p
2. Essais de philosophie et de littérature, p. 262. — Le passage cité était une réponse aux remarques que nous avions faites dans VA/inée philosophique de 1890, sur le rapport des idées d'éternité et de temps.
nation. Elle ne s'applique pas au présent, c'est l'objet de la sensation ; car par la sensation nous ne connaissons ni le futur (uiXXov), ni le passé (Y^vôy-evov), mais seulement le présent l'-acov;. La mémoire se rapporte au passé et personne ne dira qu'il se rappelle le présent ^quand il est présent, par exemple tel objet blanc au moment oîi il le voit... Toutes les fois qu'on fait acte de souvenir, on se dit dans l'âme qu'on' a antérieurement f-poTspov) entendu la chose ou qu'on l'a sentie. Il y a sensation du présent (--/côvTo; iiibr^'j'.ç) , espérance de l'avenir (yiÀ/.ovTo; D-tç), mémoire du passé (y£vo|j.£vou ;jLvr,u.r,). Ainsi toute mémoire suppose la notion du temps {u.t->i
Voilà la mémoire et la prévision telles que nous les donne la psychologie. La métaphysique ne saurait en changer la nature. Serait-ce en saisir les idées dans leur plénitude et leur pureté que de les faire évanouir, en les dépouillant de leurs caractères essentiels, en les confondant l'une avec l'autre, et l'une et l'autre avec celle de la perception? Nous nions qu'une mémoire parfaite et une prévision parfaite réalisent la duratio tota simul, et qu'il suffise de concevoir sans restriction ces facultés mentales pour en éliminer la loi de succession. Une mémoire parfaite ne peu! connaître les phénomènes passés que comme passés, que comme antérieurs à l'in-stant où ils sont rappelés; si elle les faisait connaître comme présents, elle ne serait plus une mémoire. Puisqu'elle est parfaite, elle doit en donner une connaissance exacte : il faut donc qu'elle se les représente