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des besoins et des devoirs ; en satisfaisant les uns et en accomplissant les autres, il réalise sa nature. Or l'absolu n'ayant point de nature, n'a rien à réaliser; il est parfaitement réel; donc il n'est pour lui ni •besoins ni devoirs.
Est-ce le désir d'être connu, d'être glorifié? Mais ce désir serait encore un besoin. Si, par lui-même, l'absolu veut être connu, c'est qu'il y a en lui-même, dans sa nature, une invitation à créer; il n'est donc pas absolument libre. Il faut repousser cette idée comme anthropomorphique et comme panthéiste : « Elle est anthropomorphique, en ce qu'elle admet en Dieu un désir; panthéiste, en ce qu'elle fait du monde un complément de Dieu '. »
Puisque le motif de l'action créatrice n'est pas dans l'être absolu, il faut le chercher dans ce qui n'est point encore; et c'est bien là ce que demande l'idée de création. (( Une volonté relative à ce qui n'est point ne saurait être qu'une volonté créatrice; que peut-on vouloir en effet à l'égard de ce qui n'est point, sinon qu'il soit? Pour laisser le néant dans son néant, nulle volonté n'est nécessaire... La liberté absolue veut un autre être, et par ce vouloir elle le fait être ^ »
Non seulement l'absolu veut l'être qu'il crée, mais il le veut pour cet être lui-même : telle est l'idée essentielle de la création. Gela résulte de ce qui précède : si l'absolu était sa propre fin dans l'acte créateur, il éprouverait un besoin et ne serait pas abso-
1. La Philosophie de la liberté, 2" cdit., t. 1, XWUV leçon, p. 435.