‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 14 sur 70 · Ibid.^ p · texte numérisé non relu

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lument libre. Tout motif intéressé étant exclu, il faut admettre qu'il crée sans retour sur lui-même, en vue de la créature uniquement. « Eh bien î cette espèce de volonté comprend son motif en elle même. Nous la connaissons, nous savons son nom : c'est la bienveillance, c'est la grâce, c'est la charité, c'est l'amour. Voilà logiquement le mot de l'énigme du

monde ^ »

Secrétan se plaît à montrer la corrélation logique des idées de liberté, de création et d'amour. C'est peut-être ce qui, dans toute sa philosophie, lui tenait le plus au cœur.

« L'amour dont je parle n'est pas une passion, mais un acte; ce n'est pas un sentiment, c'est un libre vouloir : la volonté énergique de répandre le bien, sans autre pensée que celle du bien à faire. Une telle disposition ne se conçoit que dans un être satisfait et serein, parce que son but propre est atteint, parce qu'il est en lui-même accompli, et par conséquent atTranchi. A la prendre dans toute sa perfection, elle suppose la plénitude absolue de la liberté. L'amour est donc la liberté faisant acte de liberté...

« L'amour est donc le principe de la création ou, si l'on veut, son motif; ce qui revient à dire que celle-ci n'a point de motif a priori, qu'elle est purement gratuite. Le monde n'existe que par grâce, la grâce est le fond de son être, la grâce est sa substance. J'entends par grâce quelque chose qui n"est point dû et qu'on ne saurait prévoir... Au point de vue absolu, les idées de grâce et de création se con-

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