‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 18 sur 70 · Ibid., W leçon, p · texte numérisé non relu

Ibid., W leçon, p

Dans l'ordre spirituel, il n'y a de pluralité véritable que par la difFérence des êtres; or les différences entre les êtres libres ne peuvent naître que de leur liberté. Avant toute détermination de leur part, les distinctions seraient arbitraires, c'est-à-dire impossibles. Ce qui cause aujourd'hui les différences naturelles entre les êtres moraux, ce sont des déterminations volontaires antécédentes. La nature est une habitude. La nature primitive du sujet moral n'est que la faculté de répondre à l'appel divin. »

Sans doute on ne peut établir que la multiplicité soit, par elle seule, un signe de la chute. Mais à défaut de preuves, il y a des motifs pour le supposer. « Il est certain psychologiquement que les victoires de la liberté morale affermissent notre unité, tandis que l'erreur et la faute nous divisent. L'homme qui veut le bien et qui fait le mal n'est plus un, il se sait et se sent deux, double et déchiré. Dans la folie, l'unité de la conscience peut disparaître absolument. »

Le monde actuel n'est pas seulement le résultat de la chute; il est encore le théâtre et le moyen de la restauration. C'est ce dont témoigne l'évolution progressive de la nature et de l'humanité. L'idée de la restauration peut seule donner un sens à ce mot glorieux : le progrès. Par cette idée, où se concilient le pessimisme de la chute et l'optimisme progressiste, l'un et l'autre tirés des données de Texpérience, le philosophe est conduit, comme nous l'avons vu plus haut, à incorporer à sa théodicée, mais en les interprétant avec une liberté toute protestante, ces deux dogmes traditionnels du christianisme : la Trinité et la Rédemption.

Nous ferons remarquer, en terminant ce chapitre, que le caractère, à notre sens, le plus original du système de la liberté absolue est d'unir ingénieusement deux idées qui avaient jusqu'ici paru incompatibles : l'unité de substance et la création libre. On peut y voir et Secrétan lui-même y montrait une svnthèse du théisme et du panthéisme.

MORALE

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