‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 22 sur 70 · Discours laïques, p · texte numérisé non relu

Discours laïques, p

MORALE

moral pour objet et dont la portée est universelle, quel nom lui donnerons-nous? La langue n'en fournit pas deux. Aussi bien la critique a beau s'en défendre, Dieu et le devoir sont 1 objet des mêmes antipathies, l'un et l'autre surnaturels aux yeux d'un phénoménisme conséquent en ses visées. Ainsi l'obéissance à Dieu est l'idée même de la morale : toute morale est religieuse, pour nous c'est un point démontré '. »

Secrétan oppose ici morale religieuse à morale indépendante. L'idée de Dieu, que l'on s'en rende ou non compte, entre dans l'idée de devoir et n'en peut être logiquement séparée : voilà ce qu'il veut dire par le mot religieuse; rien de plus. Il n'entend pas sortir du domaine de la philosophie. La morale religieuse qu'il affirme est morale de raison, non d'autorité. Elle ne consiste pas dans l'observation de préceptes extérieurs à nous, consignés dans un document écrit ou formulés par des hommes qui prétendent posséder un titre spécial à cet effet. Une législation pareille ne répondrait pas à nos besoins. « Elle pourrai t émaner d'un usurpateur du monde, elle répugne à l'idée d'un Dieu créateur. Non, suivant un théisme intelligent, l'auteur de la loi morale est aussi l'auteur de l'être que nous sommes appelés à réaliser par l'obéissance à cette loi, et la promulgation de la loi se confond naturellement avec la création même, quelle que puisse êlre la durée du temps requis pour arriver à l'entendre, en d'autres termes, quel que puisse être le temps que l'humanité met à se former. Pour la pensée religieuse, notre nature est l'expression de la volonté qui nous donne l'être. Obéir à l'ordre

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