Le Principe de la morale, p
de Dieu, réaliser sa propre nature sont dès lors des expressions synonymes. La seule loi qui porte en elle-même les titres de sa divine origine est écrite dans notre cœur *. »
Il est facile de comprendre pourquoi le philosophe préfère l'expression à' autonomie de la volonté à celle à' autonomie de la raison, qui a été proposée '; pourquoi il trouve un sens plus profond à la première qu'à la seconde. C'est que la première met expressément la source primitive de la loi morale, non dans la raison, humaine ou divine, mais dans une pure volonté métaphysique, qui ressemble fort à son principe de la liberté absolue; c'est que celte volonté supra-sensible, élevée au-dessus des mobiles et de la volonté particulière de chaque homme, semble un autre nom de la volonté divine, dont elle a les caractères; c'est que volonté autonome ou nouménale et volonté divine s'identifient très naturellement dans une doctrine qui se présente comme la synthèse du théisme et du panthéisme, et d'après laquelle la volonté divine n'est pas seulement supérieure, mais encore intérieure à fàme humaine.
La volonté autonome est, dans la morale de Kant, un principe obscur, qui appelle une interprétation métaphysique. Secrétan se flatte de donner cette interprétation. La clef du mystère est, selon lui, dans la conception cartésienne de Dieu, auteur des essences comme des existences, dans celte thèse cartésienne, que la difl*érence du bien et du mal n'impose pas de conditions, de limites à la liberté divine, mais résulte