‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 38 sur 70 · La Raison et le Christianisme, p · texte numérisé non relu

La Raison et le Christianisme, p

D'un côté la solidarité et Funité, c'est-à-dire la thèse de la raison spéculative; de l'autre, la liberté et la pluralité, c'est-à-dire l'antithèse de la conscience morale : voilà l'antinomie, voilà l'objection. Secrétan ne s'en dissimule pas la force. Mais une antinomie en apparence insoluble n'est pas pour l'effrayer « S'il est vrai, remarque-t-il, que le principe de contradiction est le ressort de toute logique, il n'est pas moins certain que l'esprit se meut constamment au milieu d'antinomies apparentes, dont les termes s'imposent également, et qu'il faut affirmer ensemble afin de les concilier, sous peine de ne voir jamais qu'un seul côté des choses; de sorte que la solution de la dernière question serait la suprême démarche de la

pensée ^ »

Comme la thèse et l'antithèse se fondent également, selon lui, sur des données de l'expérience, on doit les maintenir également, et se garder de l'esprit simpliste, du préjugé logique, qui fait considérer comme nécessaire l'exclusion de l'une ou de l'autre. L'expérience ne permettant de sacrifier ni l'unité ni la liberté, il faut bien croire qu'elles coexistent, et donc qu'elles peuvent se concilier de quelque manière.

C'est dans la morale, dans l'amour, objet de la loi morale, que se résout la contradiction alléguée. Il faut se rappeler que, pour Secrétan, la substance est volonté, et que, par conséquent, unité de la volonté signifie unité substantielle. Or, c'est un fait que la

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