‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 41 sur 70 · Discours laïques, p · texte numérisé non relu

Discours laïques, p

l'unité de substance, c'est-à-dire par « l'identité substantielle de l'homnrie et de Dieu » et par « l'identité substantielle des êtres humains entre eux ' ». La morale chrétienne et la métaphysique de l'unité substantielle apparaissent ici comme indissolublement liées. En partant de l'une, on est logiquement conduit à l'autre. Si notre essence originelle est divine et si l'humanité est une en substance, nous devons aimer Dieu et le prochain. D'autre part, si c'est un devoir d'aimer Dieu et le prochain, il faut admettre la divinité de notre essence originelle et l'unité substantielle de l'humanité. « A la base de tout impératif, dit le philosophe, il y a nécessairement une affirmation -. » Il faut donc « traduire dans le mode indicatif ce que la conscience prononce en forme impérative ^ ».

Pourquoi Dieu doit-il être l'objet de notre amour? Parce que Dieu est la source de notre vie, le fond commun où nous sommes tous enracinés, la substance dont nous sommes faits, notre père, au sens littéral. Notons ce point : création, pour Secrétan, c'est génération libre, mais génération. Ainsi comprend-il la synthèse du théisme et du panthéisme. « La création, avait-il dit dans le premier volume de la Philosophie de la liberté, est un engendrement, c'est-à-dire la production d'un germe destiné à se réaliser lui-même par son activité. » Cette vue sur la création, sur le mode de l'action créatrice, se retrouve dans l'un de ses derniers ouvrages :

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