‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 43 sur 70 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

ment de la réalité. La loi morale ne saurait être un commandement arbitraire, sans rapport avec la vérité théorique; autrement le drame du monde serait une mauvaise tragédie dont les scènes ne s'enchaînent pas... La loi morale résume le plan de Dieu, elle exprime le secret de l'univers et de notre essence. L'idéal, l'essence et l'origine ne peuvent pas être séparés. La loi de la liberté exprime la nature de l'être libre, comme les lois physiques font connaître celle des êtres sensibles. Dans le monde moral, dans le monde sensible, le bon sens nous dit qu'il n'y a au fond qu'une loi, c'est de réaliser son germe, d'accomplir sa destinée, de devenir ce que l'on est. Si donc l'humanité doit devenir une par l'accomplissement de la loi morale, la raison en conclura qu'elle est une dans son origine et dans son essence... Aimez votre prochain comme vous-mêmes^ est-il écrit dans notre cœur. Que signifierait cette parole si nous n'avions pas de prochain, si nos voies étaient absolument séparées, si l'apparente solidarité de nos destins n'était qu'un accident éphémère ou plutôt une vaine illusion? Pourquoi nous est-il demandé de nous intéresser au sort d'autres êtres qui nous coudoient ici-bas, mais qui nous seraient en définitive aussi étrangers que les astres les plus éloignés? N'aurions-nous rien de plus pressant à faire que de nous occuper de ces gens-là? Pourquoi leur donnerions-nous notre temps, nos biens, notre vie?... Aimez votre prochain comme vous-mêmes, n'est-ce pas dire assez clairement : Votre prochain, c'est encore vous-mêmes *? »

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