‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 45 sur 70 · Le Principe de la morale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de la morale, p

nuation, à ton extinction, à ton anéantissement )). Tu dois aimer ton prochain, parce que ton prochain et toi ne faites qu'un, parce que « tu n'es rien sans lui », comme « il n'est rien sans toi ». « Vous n'êtes divisés qu'en apparence, opposés que par accident; ta conscience individuelle est un miroir où se réfléchit le même astre que dans la sienne; ta liberté personnelle est l'instrument de son bonheur comme la sienne est l'instrument du tien; on ne vous a séparés que pour que votre unité soit votre œuvre et votre joie. »

A l'amour de charité, tel qu'il est défini dans cette morale, on ne saurait opposer la justice. D'abord, la justice abstraite n'est qu'une règle négative. Elle défend, mais au fond ne commande rien. « Considère toujours la personne étrangère comme étant son but à elle-même, ne la violente pas, ne lui mens pas; si tu as promis, tiens ta promesse : bref, égalité, réciprocité, voilà toute la justice aussi longtemps que rien n'est déterminé quant aux rapports des êtres soumis à sa loi. Il saute aux yeux que le plus sûr moyen de ne faire tort à personne serait de n'avoir d'affaires avec personne. Et si la chose est impossible, le moins qu'on en aura sera le mieux '. »

Pour faire de la justice le point de départ et la source de toute vérité morale, il faut accumuler les fictions et les artifices. « On considère naturellement les sujets de la justice comme des êtres égaux et séparés, indépendants, jusqu'à ce qu'un acie volontaire, un contrat, les mette en rapport. On se plonge ainsi du premier pas dans la fiction jusqu'au-dessus

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