‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 48 sur 70 · Le Principe de la morale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de la morale, p

Jî

GHAPIIRE III

Observations historiques et critiques.

L'idée maîtresse de Secrétan, celle qui l'a conduit dans tous ses travaux, était de fonder la philosophie sur la conscience morale, de mettre la conscience morale à la première place dans l'ordre intellectuel. Aussi sa méthode philosophique est-elle restée toujours la même en ce qui la caractérise essentiellement. Toutefois, dans le grand ouvrage sorti de son Cours de Lausanne, cette méthode morale, il le reconnaît lui-même, n'est pas formulée avec précision , ni appliquée à l'exclusion des méthodes purement intellectuelles et spéculatives. (( En s'y tenant strictement attaché, écrit-il en 1857, on serait conduit peut-être à modifier ou à reléguer dans le domaine des prohabilités relatives quelques passages de la Philosophie de la liberté '. »

En 1877, il déclare que, si les procédés de démonstration employés dans la Philosophie de la liberté

\. Recherches de la méthode, Préface, p. xlvii.

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n peuvent sembler vieillir », parce qu'il s'y rattachait a aux derniers résultats de la spéculation allemande », les conclusions de ce livre lui paraissent encore « répondre aux besoins permanents de la pensée' ». Et, résumant ces conclusions dans la hberté divine absolue et dans l'unité de la créature, il insiste sur la profonde différence qui les sépare de la doctrine hégélienne. (( Par son effort pour marier toutes les oppositions en faisant droit aux intérêts les plus divergents de la pensée, cette philosophie (celle qu'il avait exposée dans son Cours) pourrait rappeler celle de Hegel; mais tandis que Hegel dissout invariablement les faits en rapports logiques, elle cherche dans les déterminations du fait la raison des oppositions de la pensée. Elle fait place à la vérité qui donne du prix au monisme ou panthéisme, en montrant comment le caractère absolu d'une volonté parfaite implique l'unité de la création et l'immutabilité des lois naturelles; elle trouve dans l'essence morale et par conséquent divine de cette créature unique, la justice et la raison de l'universelle solidarité des destinées que l'expérience atteste invariablement. L'histoire est à ses yeux la restauration et l'accomplissement de cette unité, c'est-à-dire sa transformation d'unité virtuelle en unité actuelle, le passage de l'unité naturelle que la chute a voilée et compromise à la forme d'unité voulue, d'unité morale, qui implique à sa base la pluralité des individus*. »

En 1878, dans la préface de la troisième édition de

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