Éthique, l'* partie, scliolie II de la proposition XXXUI
pouvoir les contraires; c'est une puissance (Suvayi'ç) constante et immuable, et qui est du plus haut degré, précisément parce qu'elle ne peut s'écarter de ce qui est un; car pouvoir les contraires caractérise l'être impuissant à se tenir au meilleur (ItzI toî» acicrrou (xevsiv) '. y> Ainsi, de la liberté que Secrétan appelle absolue, de la liberté par laquelle Dieu est l'auteur de son être, est exclu le pouvoir des contraires, c'està-dire le choix, l'arbitre, ce qui en nous constitue la liberté. En quoi cette puissance constante et immuable, qui ne peut s'écarter de ce qui est un, diffère-t-elle d'une force dont l'action se produit nécessairement? Il est impossible de le voir. Plotin nous dit que, si la liberté de l'Etre premier n'a pas, comme celle de l'homme, le pouvoir des contraires, c'est qu'elle se tient au meilleur. Mais ce mot le meilleur est ici impropre : l'idée et la connaisance du meilleur sont nécessairement étrangères à cette volonté pure et absolue qui, dans 1 hypothèse, précède et produit l'intelligence.
Après l'équivoque des mots volonté, liberté, employés dans la métaphysique de Secrétan - comme synonymes de l'absolu, il nous faut relever celle de Texpression cause de soi. Si elle est entendue au sens propre, cette expression est contradictoire. Arnauld