‹ La philosophie de GassendiChapitre 103 sur 178 · Ui:>S., U 11> pw 4'^1 et · texte numérisé non relu

Ui:>S., U 11> pw 4'^1 et

DE l'appétit 193

Les plus importantes de ces passions sont : la bienveillance, Fenvie, l'émulation et la jalousie.

h^espérance et la crainte sont intimement unies au désir et à l'aversion^ : « Le désir est comme une simple aspiration vers le bien; Tespérance comme une certaine élévation de Tâme vers le bien à cause de l'opinion qu'elle a que ce bien doit arriver. La crainte s'oppose de la même manière à Taversion. » — Quand elle espère, Tâme n'aspire plus simplement, comme lorsqu'elle désire, vers le bien ; mais elle l'atteint, pour ainsi dire, « le tient comme sien, se le rapporte par avance et en jouit ». Nous sommes d*autaflt plus prompts à espérer ou à désespérer que nous avons plus ou moins d'expérience, que notre imagination est plus ou moins vive et que nous sommes plus ou moins actifs et courageux. — L'espérance a ordinairement pour effets la confiance, la crainte, le découragement^ le désespoir.

Comme on le voit, toutes ces passions découlent les unes des autres, celles qui suivent supposant celles qui précèdent; or, la colère, que nous avons placée au dernier rang, semble résumer précisément en elle toutes les passions de l'âme. Gassendi la définit : « une passion par laquelle l'âme pressée de douleur à cause de l'injure prétendue, outrée de haine contre l'auteur du fait, et enflammée par les bouillonnements du cœur, se porte à la vengeance pour faire repentir celui qui a offensé et l'obliger à n'entreprendre désormais rien de pareil ». La colère suppose donc l'amour de soi, le sentiment de sa propre dignité, le désir d'une réparation, la haine de l'offense et de l'offenseur, et souvent même l'audace, l'indignation, voire la témérité '.

La réunion de ces passions, la prédominance de quelques-unes d'entre elles, l'effacement de certaines autres, constituent le caractère propre à chacun. La nature de ce caractère, dit Gassendi, « vient en partie de la constitution naturelle du corps, et en partie de l'habitude contractée par la répétition fréquente des mouvements, car, en premier lieu, quoique ces mouvements s'attribuent spécialement à l'âme, en tant qu'ils sont dits spécialement être des passions de l'esprit, cela se fait néanmoins parce que l'âme est le principe du mouvement et

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