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nient toute intervention de la divinité, comme incompatible avec le pouvoir de choisir à notre gré. Gassendi ne pouvait admettre ces conclusions : pour lui, Faction de Diea sur le monde, sa providence souverainement éclairée et puissante ne sont pas moins incontestables que la liberté elle-même; c'est pourquoi, la seule difficulté qu'il lui reste à résoudre est celle des rapports qui existent entre cette liberté' et la providence de Dieu.
Cette difficulté se présente sous deux aspects différents suivant que l'on considère Tintelligence ou la volonté divine.
Lorsque Ton considère Tintelligence divine, on est forcé d'accorder que cette intelligence est parfaite, partant qu'elle connaît ou prévoit l'avenir, comme elle connaît le présent et le passé. Or, si elle prévoit l'avenir, comment la liberté est-elle possible? On aboutit nécessairement à ce dilemme : <« Ou Dieu sait déterminément et certainement que Pierre reniera, ou il ne le sait pas. L'on ne peut pas dire qu'il ne le sache, car il l'a prédit et il n'est pas menteur, et, s'il ne le savait pas, il ne saurait pas tout et ne serait par conséquent pas Dieu. Il sait donc cela déterminément et certainement. Il ne se peut donc pas faire que Pierre ne nie; puisque s'il se pouvait et que, se servant de sa puissance, il ne niât effectivement pas, on pourrait dire que la prénotion de Dieu serait trompeuse et sa prédiction menteuse. Que s'il ne se peut, il n'est donc pas libre à nier ou à ne nier pas. Il n'a donc point de liberté *. »
Les théologiens répondent d'ordinaire à cette objection en distinguant deux sortes de nécessités. Tune absolue, l'autre de simple supposition : ainsi il est nécessaire de nécessité absolue que deux et deux fassent quatre. Il est nécessaire également, si vous supposez que demain je sortirai de la ville, que je me déplace à cet effet, mais cette nécessité est toute de supposition, c'est-à-dire relative à ma conduite et sans influence sur ma liberté. Telle est précisément la nécessité que nous rencontrons dans l'objection précédente. Elle ne répugne pas à la liberté, car, loin de la précéder, elle en est la conséquence. Dieu prévoit sans doute la conduite de Pierre, mais il prévoit que cette conduite sera libre. C'est parce que Pierre doit agir de telle manière,