‹ La philosophie de GassendiChapitre 147 sur 178 · Gaas., I · texte numérisé non relu

Gaas., I

3. « Cum nitiil possimus cogilare ita perrectum, nt mum imper/ectionis habeat; tum pcrfactioneni fectione omni detracta; tum attribuent Uonis id est, inQnite intca divin&m I, 29e.)

yATuas 31 i>tir 287

Platon et d"Aristiîte : ^orvant •»$ pàLoâ^^pcie*. la natare de Dieu ne saurait avoir rien de «zoammn avec la cnatière. car toate substance eorporelle ?st limitée, composée^ diviâble. sujette aa ehangemeat et à la trormpdoa : toutes »^ose§ abâolmnent incompatibles arec 1.^ nature d*un être parfait. Platon et Aristote ont raison : Dieu, comme le remarque tIt^^^OQ. qui. sur ce point, admet la doctrine de ces philosophes. Dien ne saurait se concevoir autrement que comme un esprit ou un entendement dégagé et libre de tout alUage matériel (concretione mortali). connaissant tout et mourant tout ^.

Où objecte qu'aune conception pareflle est pure fiction^ toute anticipation de Dien étant nécessairement, comme nous Tarons dit déjà, Toilée par une représentation sensible. PouTons-nous raisonnablonent affirmer que Dieu répond à la définition de Platon et d^Aristote. puisque nous ne pouvons rien penser sans image? — Il suffît de se rappeler^ nous dit Gassendi *. que nous avons deux manières toot à fait différentes de connaître ; nous pouvons connaître soit par l'imagination ou intelligence intuitive, soit par la raison , ou intelligence discursive et de conséquence. Sans doute tant que nous nous bornons à nous représenter amplement les choses; tant que nous en recevons simplement Timpression, notre connaissance est purement sensible; mais ne pouvons^ous pas raisonner sur ces impressions et ces images, tirer des conséquences et, à l'occasion des données des sens, former des conceptions plus élevées ? Le soleil que nous voyons n'a que la grandeur d'un pied : par le raisonnement, nous le jugeons immense; par le raisonnement, nous jugeons, grâce à certains indices, que, sous le voile qui le cache, se trouve un homme, un être vivant et animé, bien que nous ne l'ayons pas directement aperçu. De même, à travers le voile de l'Univers, grâce à Tordre et à Tharmonie qui y régnent, nous pressentons un Dieu supérieur à cet univers lui-même, à cet ordre et à cette harmonie. Bien plus, nous sommes nécessaire-

par le raisonnement, à remonter de perfection

perfection relative jusqu'à la perfection absolue, qui

eoffit à elle-même et explique tout le reste. Or, cette

wt, Physique, 2* partie, ch. xm, de TEntendement.

perfection doit être dépouillée de tous les défauts inhérents aux substances connues par les sens; aussi dirons-nous * de Dieu non pas qu'il est à proprement parler une substance, mais une hypersubstance \ non pas qu'il est intelligent, mais hyper-intelligent. Et par là, nous entendrons deux choses : d'une part que Dieu, tout en étant distinct des corps, ne se confond cependant pas avec le vide, car le vide ne peut rien produire, mais qu'il est un être réel et actif; d'autre part qu'il n'est soumis à aucune des défaillances des autres êtres, dont il est le principe et la raison.

C'est pourquoi, lorsque nous parlons de Diea et de ses attributs, nous devons nous rappeler toujours que nos expressions ne traduisent jamais exactement notre pensée et ne correspondent jamais d'une manière rigoureuse à l'objet qu'elles désignent, car le langage * est le fruit de l'imagination et chaque terme évoque une image; nous devons nous rappeler enfin que quelque sublime que soit Tidée que nous nous faisons de Dieu, cette idée nous parait encore et toujours inférieure à son objet. De telle sorte qu'en pensant à la divinité nous nous sentons d'un côté impuissants à la comprendre, de l'autre impuissants à en nier l'existence et la souveraine perfection. Dieu est donc, pour nous, un être dont nous apercevons en quelque sorte le reûet dans Tunivers et dont nous nous efforçons, par un raisonnement naturel, en obéissant aux lois de notre constitution mentale, de déterminer autant que possible les attributs. Gassendi est ainsi amené à se demander quels sont ceux de ces attributs que nous pouvons connaître et quelle idée nous pouvons légitimement nous en faire.

111. — Nous savons par ce qui précède que Dieu est un être, une substance; et, de plus, qu'il est une substance intelligente : Etudions-le successivement sous ces deux aspects: « En tant que substance, dit Gassendi, il peut être considéré en lui-même et dans ses rapports avec le temps et Tespace : d'où ses trois attributs métaphysiques : Funité, réternité et Timmensîtè. En tant que .<e<6.<?.i/iiv intelligente, il peut être considên? aux différents points

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