‹ La philosophie de GassendiChapitre 152 sur 178 · ATTRIBUTS DE DIEU · texte numérisé non relu

ATTRIBUTS DE DIEU

ment qu'une chose cesse en vertu d'une loi de sa volonté même *. »

De tout ce qui précède il résulte que Dieu doit jouir de la félicité suprême. Connaissant tous les biens qu'il possède, il ne peut pas ne pas en être heureux; éternel et immuable, il doit jouir d'une sécurité parfaite; exempt de tout mal, il est également exempt de tout souci; tout-puissant, nulle force étrangère ne saurait troubler son bonheur. — Épicure objecte que si Dieu est un, il ne saurait être heureux *; mais c'est qu'Épicure se le représente sous l'image de l'homme et ne voit pas quelle est sa vraie nature. Celui-là seul souffre de la solitude, qui ne trouve pas en lui-même tous les biens qu'il désire, c'est-à-dire qui est imparfait. — Plus ingénieuse est l'objection qu'on tire des conditions mêmes du plaisir. Tout plaisir, fait remarquer Cotta ^, suppose activité; nul plaisir à l'état de repos, or Dieu n'est pas vraiment actif. — Nous avons répondu déjà à cette difficulté en faisant observer qu'on assimilait à tort l'activité divine avec celle des forces contingentes ; or, bien que cette activité ne se traduise pas par une série d'actes successifs, elle n'en est pas moins réelle et rien ne nous autorise à l'identifier avec le repos. Gassendi ajoute que toute activité imparfaite ne peut obtenir qu'un bonheur relatif, le plus souvent troublé par l'aiguillon du désir; mais comment une activité dans la plénitude de son développement, en possession de tous les biens possibles, ne posséderait-elle pas le souverain bonheur?

IV. — Il reste à étudier les rapports que Dieu soutient avec le monde et à montrer qu'il en est à la fois l'auteur et la providence.

Tous les arguments que Gassendi a invoqués déjà pour prouver l'existence de Dieu, prouvent non moins clairement son action. Comment admettre et comprendre, sans une cause intelligente, qu'il y ait dans tout l'univers, soit qu'on le considère dans son ensemble, soit qu'on le considère dans ses parties, un ordre et une harmonie si admirables? L'intervention

1. Nous avons vu comment Gassendi concilie ces attributs de Dieu avec la liberté humaine. Physique, 2^ partie, ch. vi.

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