Gass., I
de cette cause est évidente partout; dans la forme si régulière et si parfaite des prismes qui composent les minéraux, dans les plantes et les animaux dont les organes et les diverses fonctions révèlent une merveilleuse industrie, dans les lois fixes qui président aux mouvements des saisons et des astres et qui font du monde un ensemble plus étonnant que les œuvres mêmes les plus achevées de Thomme *.
Épicure pense, nous le savons, que tout cela s'explique naturellement et simplement, sans qu'il soit besoin de recourir à aucune cause distincte des atomes. Est-ce que nous ne voyons pas, nous dit-il, la nature ou le hasard produire chaque jour des effets admirables? Que de résultats suprenants sont dus au rapprochement ou à la séparation des germes, au temps et aux circonstances seules, soit dans la formation des pierres précieuses, soit dans la constitution des plantes et des animaux! Si l'on peut expliquer ainsi les minéraux, les insectes, pourquoi ne pourrait-on pas expliquer de la même manière les êtres d'une organisation plus compliquée? Est-ce que, en définitive, un ciron ne nous révèle pas autant d'art que l'homme lui-même?
Cette objection d'Épicure est l'objection même que reproduisent les matérialistes de tous les temps, mais la réponse qu'y fait Gassendi conserve encore toute sa valeur : Admettons, nous ditil, que les mouches et les autres insectes soient spontanément créés par la nature, il reste à se demander quelle est cette nature elle-même et d'où vient la force propre que possèdent les germes? Comment se fait-il qu'ils aient le pouvoir de former des œuvres si admirables, si, à l'origine du monde, ils n'ont pas reçu d'un principe intelligent qui a tout ordonné, cette énergie même dont ils disposent ^?