‹ La philosophie de GassendiChapitre 165 sur 178 · Voir Physique, chap. II et III · texte numérisé non relu

Voir Physique, chap. II et III

2. Voltaire, Siècle de Louis XI Vy art. Gassendi. Voir également, sur le prétendu scepticisme de Gassendi, deux chapitres intéressants de Mandon : De la philosophie de Gassendi, eh. x; Étude sur le Syntagma, ch. vu, p. 154 et suiv.

lions peut être assuré de posséder la vérité complète? « Estimonsnous heureux, nous dit Gassendi, si, ne pouvant ici atteindre au vrai, nous atteignons au moins au vraisemblable. » Mais un tel langage est le langage même de la sagesse. — En revanche, sur la plupart des problèmes de physique proprement dite, de psychologie et de morale il est aussi affîrmatif et aussi dogmatique qu'on peut l'être. Nulle- hésitation dans sa pensée, nulle hésitation dans ses paroles lorsqu'il défend la spiritualité de Tentendement, l'immortalité de Tâme, la liberté, l'existence de Dieu ; lorsqu'il expose les lois de la sensibilité, celles de l'imagination, celles de l'appétit... Agir de la sorte n'est assurément pas faire œuvre de sceptique, c'est simplement prouver qu'on connaît les limites de l'intelligence humaine et qu'on ne se fait aucune illusion sur son infaillibilité. — A ces conclusions on a opposé certaines affirmations de Gassendi qui semblent bien être celles d'un sceptique et d'un pyrrhonien : « quoiqu'il y ait des difficultés partout, écrit-il dans ses Exercices critiques contre les péiHpatéticiens^ ysivoue ingénument que rien ne m'a autant plu que la célèbre axaTaX/j^ia des académiciens et des pyrrhoniens; par suite, j'en vins à avoir honte et pitié de la légèreté et de l'arrogance des philosophes dogmatiques, qui se glorifient et se vantent, avec tant de fierté, de posséder la connaissance naturelle des choses *. » Il écrit de même à Mersenne, dans sa Préface à l'examen de la philosophie de Fludd : « Vous n'ignorez pas la faiblesse de mon esprit et mon penchant au scepticisme; mais si vous m'empêchez d'être presque pyrrhonien, vous devez me concéder, à titre d'ami, la liberté de vivre au jour le jour et de ne rien avancer ni produire qui dépasse les bornes de la pure probabilité *. » — Ces déclarations sont des plus explicites. Les défenseurs de Gassendi ont cru les expliquer en y voyant un simple jeu d'esprit^; s'il exagère ainsi, comme à plaisir, son scepticisme, ce serait uniquement pour mieux montrer l'ignorance et la fatuité des dogmatiques à outrance qu'il combat. Il est possible qu'il en ait été ainsi, mais il est fort possible aussi que Gassendi ait été sincère en confessant son scepticisme. Pourquoi ne pas admettre qu'il ait traversé, lui aussi,

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