‹ La philosophie de GassendiChapitre 18 sur 178 · DE LA PROPOSITION · texte numérisé non relu

DE LA PROPOSITION

aa sujet, il peut lui être uni soit d'une manière inséparable et nécessaire, soit d'une manière séparable et contingente. Dans le premier cas, l'attribut est toujours un genre ou une qualité naturelle du sujet, comme dans ces propositions : l'homme est ua être animé, vivant, capable de rire. Dans le second cas, l'attribut est simplement une qualité étrangère ou une dénomination relative : telle est la blancheur, attribuée à l'homme; l'humidité, attribuée à la plante. Il en résulte que, si l'attribut est genre ou qualité naturelle du sujet, la proposition affirmative est vraie et nécessaire; la négative, fausse et impossible; que si Valtribut n'a point ces caractères, désigne un genre qui ne convient point au sujet ou une qualité qui lui répugne, la proposition affirmative est, au contraire, fausse et impossible ; la négative, vraie et nécessaire. Si, enfin, l'attribut ne désigne ni un genre propre, ni une qualité nécessaire, la proposition peut être vraie ou fausse, mais elle reste contingente.

Quant au moyen de reconnaître si une proposition est vraie ou fausse, il n'est autre que celui que nous avons indiqué déjà pour les idées. C'est de ne s'en remettre qu'à la double évidence des sens et de la raison ; de n'affirmer ou de ne nier l'existence d'un rapport entre le sujet et l'attribut que lorsqu'il nous est impossible de douter.

Il peut arriver cependant que, sans avoir une certitude absolue, Dous ayons plus de raisons pour affirmer une chose que pour la nier: notre jugement alors et la proposition qui Ténonce restent amplement probables.

Gassendi termine cette étude en nous conseillant de réunir le PÏU8 grand nombre possible de propositions nécessaires, à la fois ^ évidentes et très générales, afin qu'elles soient pour nous comme autant de points d'appui qui nous soutiennent dans nos '^cherches et nos démonstrations. Toutes les fois que nous raisomions, en effet, nous tirons nos arguments de certains lieux : dû genre, de l'espèce, delà propriété, etc., pour chacun desquels jl existe une maxime spéciale d'une incontestable utilité et qu'il emporte par conséquent de connaître.

^. — Le syllogisme est un enchaînement de propositions, eomme la proposition est un enchaînement d'idées : on peut le "*fiûir « un argument composé de trois propositions, tel que

deux ^ d'entre elles étant posées, Ton en tire nécessairement la troisième ».

C'est surtout dans cette étude que Gassendi applique la méthode de sélection dont il parlait au début, retenant des recherches déjà faites ce qui lui parait indispensable; rejetant d'une manière systématique tout ce qui lui paraît superflu ou de curiosité pure. Aussi, après avoir fait du syllogisme une analyse sommaire, mais précise et rigoureuse; classé et défini les propositions et les termes qui le composent, énuméré les principales formes qu'il peut revêtir, s'attache- t-il en premier lieu et spécialement à l'examen du syllogisme simple et absolu dont le mécanisme est facile à comprendre. En effet, les propositions qui forment ce syllogisme ne renferment qu'un seul sujet et un seul attribut et sont affirmatives ou négatives, sans condition.

Et d'abord^ comme tout syllogisme a pour but de bien mettre en relief le rapport qui existe entre deux termes, au moyen d'un terme intermédiaire, il est évident qu'il éclairera plus vivement l'esprit s'il nous oflre le moyen terme entre les deux extrêmes qu'il relie. C'est ainsi qu'à cette formule :

Tout animal est vivant, Or tout homme est animal.

Donc tout homme est vivant;

il faut préférer celle-ci :

Tout homme est animai, Or tout animal est vivant, Donc tout homme est vivant.

En effet, le moyen terme se trouvant de la sorte à la fin de la majeure et au commencement de la mineure, laisse entrevoir plus clairement le lien qui unit homme et vivant.

Comme cette forme parfaite ne se rencontre pas toujours, les logiciens ont distingué quatre figures de syllogismes, déterminées par la place qu'occupe le moyen terme dans les prémisses. Toutefois, ces distinctions ayant pour unique but de montrer le rapport qui existe entre les termes, il est plus simple, pense Gassendi, de ramener ces figures à deux : Tune « liée et conjointe »; l'autre « déliée et disjointe » ; la première, dont les termes se conviennent; la seconde, dont les termes se repoussent^ La

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