‹ La philosophie de GassendiChapitre 30 sur 178 · Id., I · texte numérisé non relu

Id., I

ment en nombre indéfini » ? Réponse plus insuffisante encore, car rindéBni n'est pas plus un moyen terme entre fini et infini, ( que le barbarisme indépair n'en est un entre pair et impair. Une ! grandeur indéfinie est toujours, en effet, une grandeur finie, [ mais uae grandeur que l'on considère non en tant qu'elle est : telle ou telle à un moment donné, mais bien en tant qu'elle peut être sans cesse agrandie ou diminuée. Enfin, la raison nous dit, ; contrairement au témoignage de l'imagination, que dans cette division des choses, dans cette régression ininterrompue vers l'infinie petitesse, il y a un terme où l'on doit s'arrêter : àvàyxT) aT^vat, comme le remarquait Aristote.

De plus, cette hypothèse, ajoute Gassendi, rend inexplicables les phénomènes de la nature *. Suivant la juste observation de Lucrèce, s'il n'y a pas d'atomes solides et résistants, partant insécables et indivisibles, comment -expliquer la résistance des corps, comment expliquer surtout l'ordre et la régularité qui président à leur formation? S'il n'y avait pas des éléments fixes, immuables, nous ne verrions pas, pendant tant de siècles, les mêmes êtres reparaître avec les mêmes caractères, les mêmes qualités, les mêmes mœurs. Cette immutabilité dans les propriétés générales des êtres qui se succèdent, suppose l'immutabilité des matériaux qui les composent. — Mais les composés sont divisibles; logiquement ne devons-nous pas supposer que les composants le sont aussi? — Évidemment non, car nous ne •aurions, sans paralogisme, juger absolument par les choses visibles celles qui ne le sont pas. De ce que nous ne percevons que des choses complexes et décomposables, il ne suit nullement qne leurs éléments soient aussi complexes et divisibles. Toute la difficulté vient ici de ce qu'on se représente les atomes comme des agrégats ordinaires, formés par simple juxtaposition. Si ces agrégats sont divisibles, c'est que, en eux, la continuité n'est qu'apparente : ils contiennent toujours quelque vide et leur homogénéité n'est qu'imparfaite; mais si, au contraire, l'atome est une seule et unique entité, entièrement continue, il n'en est plus de même. D'où vient que certains corps sont plus aisément brisés et rompus que d'autres : le bois que la pierre, par exemple; la pierre que le diamant? De ce que la continuité

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