CHAPITRE III
Du mouvement en général. — I. Cause première du mouvement : a. Cette cause est dans les atomes, p. Objection et réponse. — II. De la direction du mouvement : a. De l'attraction, p. Sa cause. — III. Conclusion. Comparaison entre l'atomisme de Gassendi et Patomisme d'Epicure.
Nous savons de quels éléments se compose la nature et quelles en sont les propriétés essentielles ; étudions maintenant ces éléments dans leur activité vivante et recherchons comment ils sont amenés à s'unir pour former la multiplicité des choses qui nous entourent. — La plus frappante manifestation de cette activité est le mouvement qu'on peut définir d'une manière générale, avec Epicure, « le passage d*un corps d'un lieu dans un autre ». C'est par lui surtout que la nature nous découvre ce qu'elle est; aussi Aristote disait-il, avec raison, « que le physicien n'en peut négliger l'étude, sans se condamner à ignorer la nature elle-même ».
Gassendi connaît contre l'existence du mouvement les objections de Zenon, reproduites par Pyrrhon et Sextus Empiricus; mais il pense que la meilleure réponse à faire c'est encore celle de Diogène * ; aussi, admettant le mouvement comme un fait, s'applique-t-il surtout à rechercher quel en est, dans les choses, le principe intérieur, radical et vraiment premier; quelle est la cause des directions diverses qu'il prend dans l'espace et, enfin, comment s'expliquent, grâce à lui, les qualités des corps.