‹ La philosophie de GassendiChapitre 36 sur 178 · Gass., I, 340, 34i · texte numérisé non relu

Gass., I, 340, 34i

I. — Suivant Gassendi, comme suivant Êpîcure, le principe du mouvement est matériel : celle conséquence découle d*aîlleurs logiquement de ce que nous avons dit de la pesanleur. Les atomes, dès lors, sont conçus à la fois comme iiio/iéiv et comme cause : comme matière, en tant qu'ils sont les éléments uniques dont les choses sont constituées; comme cause, en tant quils sont actifs et mobiles '.

Toute autre manière de concevoir le principe actif rend inexplicables les actions physiques et les modifications qui se produisent dans la nature. En effet, cest un axiome que h corps seul peut toucher et être touché; or, comment le principe moteur pourrait-il mouvoir le corps où il se trouve, et, par lui, les autres corps environnants, s*il était incorpoi*el» c'est-àdire sans masse, sans solidité, sans dureté et sans résistance? — Il n'y a que Dieu qui, tout en étant incorporel, puisse, à cause de son înHnie perfection, échapper à celte loi. Quant à notre âme, nous montrerons plus tard ^ que, si elle meut le corps, c'est que sa nature est double : en tant qu'elle est entendement, partant immatérielle, elle ne produit que des actions intellectuelles et mentales; en tant qu'elle est végétative et motrice, meut son propre corps et par lui les autres, elle est corporelle ^. — Nous admettons donc que le principe du mouvement dans les causes secondes est corporel et que la matière est non pas inerte, mais active ^. — Maintenant, les atomes étant l'essence de la matière, on peut faire plusieurs suppositions et prétendre ou bien qu'ils sont, par nature, inégalement mobiles et actifs; ou bien qu'ils sont doués d'une égale mobilité, mais que, par suite de leurs formes différentes, ils so gôncnt et s'en-

1. tt Voluenint principium efflciens, diverso respectu, non ro et Bubstantia a materiali dislingui. Notum est enim atomos quas illi dixoruul rerum materiam, habitas iis fuisse non inertes immobilesquc, sed acluosissimas ac mobilissimas polius. » (T. J, p. 334.)

Page 1