‹ La philosophie de GassendiChapitre 42 sur 178 · Le Malade imaginaire^ 3e intermède · texte numérisé non relu

Le Malade imaginaire^ 3e intermède

3. (( Nobis, ut quod res est, fateamur, nulla facultas aut qualitas, dum causa rogatur urgelurque, non occulta est. » (I, p. 449.)

veUleu"x. nous frappent chaque jour dont la cause est ignorée. Kesl-iV pas naturel alors, d'imaginer sous les choses une qualité qui ea rende compte? Ce n'est là, en définitive, qu'une application abusive et exagérée du principe de causalité.

Mais, ces réserves faites, non pour défendre les qualités occultes, mais pour expliquer Topinion de ceux qui les admettent, Gassendi revenant aux principes qu'il a posés, montre que ces qualités sont absolument inutiles et que tous les effets qu'on leur attribue rentrent dans la loi générale qu'il a formulée : « La nature ne reconnaît qu'une seule manière d'agir et de pâtir, qui consiste en ce qu'il n'y a point d'effet sans cause : qu'aucune cause n'agit sans mouvement; qu'aucune cause n'agit sur un sujet éloigné, c'est-à-dire auquel elle ne soit présente ou par soi ou par quelque organe qu'elle lui ait transmis; que rien par conséquente ne meut quoi que ce soit qu'en le touchant ou par soi ou par un organe corporel. D'où il suit que, quand on dit que deux choses s'attirent et s'unissent par sympathie ou s'éloignent par antipathie, nous devons entendre que cela se fait de la même manière que tout ce qui provient du plus ou moins de subtilité des organes *. » — « Disons donc que toute sympathie et toute antipathie se fait par de petits organes corporels propres à attirer, à repousser, à écarter. Déduisons même de là la cause générale de l'amour et de la haine ; car cette motion agréable ou désagré&ble qui se fait soit dans la rétine, soit dans fes autres nerfs destinés au sentiment, parvenant au cerveau, aflecle l'organe d'une telle manière, que, selon que la perception ^t agréable ou désagréable, il se fait conséquemment un mouvement d'inclination vers la cause qui a causé le sentiment, qui ^t ce qu'on appelle Amour, ou un mouvement d'aversion ou de fuite qui est ce qu'on appelle haine *. » — En résumé, rien ^^^ ne rentre dans l'explication générale que nous avons donnée de l'attraction et dont ne rendent compte les qualités vrai- "ïent premières des atomes.

Comme on le voit, les philosophes qui de nos jours ont poursuivi avec tant d'ardeur la légion des foyres cachées et des vertus occultes n'ont fait que continuer une lutte engagée déjà depuis ^^^Dglemps et victorieusement soutenue par Gassendi.

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