‹ La philosophie de GassendiChapitre 49 sur 178 · Gass., If, 113; — Dernier, V · texte numérisé non relu

Gass., If, 113; — Dernier, V

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à nous faire une idée plus nette de la semence qui le produit. Ne soihines-nous pas étonnés, quand nous examinons une roche ou, comme on dit, une matrice de cristaux et d'améthystes, de radniirahle disposition des prismes qui la composent, semblables aux grains de blé symétriquement disposés dans répi?Or, quelle apparence y a-t-il que ces pierres se fassent d'une masse confuse et indigeste? IL est plus probable qu'il existe un certain esprit particulier qui s'insinue dans cette masse et l'ordonne, qui n'agit pas à Vaveugle et n'est pas ignorant de son ouvrage *. La génération, même la génération des métaux, implique donc dans le corps naturel un principe directeur et ordonnateur.

Mais combien cette organisation est encore imparfaite, comparée à celle de la plante et de l'animal. — La plante est en «ffet, de plus que le minéral, vivante et animée. Sans rechercher ici, si véritablement elle est douée, comme on est autorisé à le croire, de sensibilité et d'intelligence, le développement symétrique et harmonieux des différentes parties qui la composent, le rôle que remplissent ses racines, son tronc, ses branches, ses feuilles et ses fleurs, aspirant les sucs qui leur sont nécessaires, les distribuant, se les assimilant pour former des semences nouvelles, ne révèlent-ils pas un art merveilleux ^? Évidemment, le principe directeur de la plante doit être supérieur au principe directeur des choses qui ne vivent pas, et ce n'est pas arbitrairement qu'on lui a donné le nom d'âme. Enfin, quand de la plante on s'élève à l'animal, on se demande comment il peut se faire que l'âme qui le dirige, biew que corporelle, possède « cette incompréhensible science et industrie par laquelle, avec un peu de semence, elle forme une si grande diversité de parties avec tant de proportion et les travaille avec tant de beauté, les distingue avec tant d'ordre, les joint avec tant de justesse, les destine chacune à leurs fonctions avec tant d'aptitude et de disposition, les fournit avec tant d'exactitude de tous les secours nécessaires pour agir et, pour dire en un mot, achève tout l'ouvrage, c'est-à-dire tout son corps avec tant de perfection? ^ » En apercevant un palais, nous nous refusons à croire qu'il

1. « Nimirum seminalis vis in quadam actuosa, operisque su! non ignara substantia est, cujusmodi esse solus spiritus potest. » (Gass., II, p. 114.)

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