Gassendi, 1. 1, p
reconnaître, dit-il, non seulement que le monde est animé e sage, mais encore qu'il sait jouer de la lyre et de la flûte, puîsqa rhorame en est capable. » « Nous devrions, en outre, ajou Lactance, déclarer qu'il est, comme Thomme, sujet à toutes 1 passions, et mortel comme lui. »
L'hypothèse d'une âme du monde n'explique pas mieux la^ Providence. En effet, ou ce monde qu'on suppose animé a toujours existé , ou il a eu un commencement : s'il a toujours existé, il est inutile de recourir h une âme du monde pour rendre compte de sa formation; s'il a eu un commencement, de deux choses l'une, ou bien il a été engendré, ou bien il a été créé. S'il a été créé, il l'a été par une cause étrangère et Fâme n'est plus utile pour prouver la Providence, puisqu'elle fait partie de l'ouvrage et que la cause en est distincte, comme l'architecte de Tédifice. S'il a été engendré, deux hypothèses encore sont possibles : ou il est né spontanément, de lui-même, ou il est né de parents. Dans le premier cas, sa naissance est le fruit du hasard ou l'effet d'un dessein intelligent. Si elle est le fruit du hasard, toute idée de Providence doit être écartée et l'argument principal qu'on invoque en faveur de l'âme du monde perd toute valeur ; s'il est l'effet d'un dessein intelligent, la Sagesse quia conçu ce dessein, préexistait donc au monde; elle en est l'auteur, la cause extérieure, non une partie intégrante. Les mêmes difficultés reparaissent, si le monde est né de mondes antérieurs qui l'auraient engendré. En un mot, quelle que soit la cause qui ait ordonné le monde, elle en est nécessairement distincte, partant elle n'en est point l'âme *.
Comme on le voit, Gassendi apporte le plus grand soioi à réfuter la doctrine des anciens philosophes sur l'âme du monde et cette réfutation nous la trouvons non seulement dans son Syntagma^ mais encore dans ses Remarques contre les disciples (TAristote^ où il nous fait observer que ni Épicure, ni Lucrèce n'ont admis, sur ce point, les opinions de Pythagore, de Platon et des stoïciens '.
C'est là ce qu'ont judicieusement fait ressortir tous les cri-