Gass., I, p
2. « Epicurus exîstimat non esse terram animatam ac mullo minus Deam, quemadmodum Pythagorîci, Platonici, stoici, aliique fuere opinati. » [Ammad, adv, Anst,)
Viques de Gassendi; mais ce qu'ils nous ont moins bien montré, çe\it-êire, c'est le caractère propre de cette réfutation. En définitive, que reproche Gassendi à Pythagore et à Platon? IL leur reproche surtout d'avoir fait de l'àme du monde la source de toutes les âmes particulières, après l'avoir en quelque sorte divinisée. Il craint qu'en adoptant leur théorie, nous soyons conduits à la négation d'un Dieu vraiment créateur et distinct du monde et à la négation de l'immortalité personnelle. C'est donc moins l'idée d'une âme du monde qu'il combat que l'idée d'une âme du monde ainsi comprise. Au reste il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet.
A peine Gassendi a-t-il présenté les critiques qui précèdent, qu'il se demande si nous ne pourrions pas nous faire de cette âme une opinion différente. Et d'abord, nous dit-il, si quelqu'un prétendait que par ce mot : âme du monde, il faut entendre Dieu lui-même, en ce sens que Dieu étant par son essence, par sa présence et par sa puissance répandu, en quelque sorte, en toutes choses, il les réchauffe, les gouverne et en quelque façon les anime, il n'y aurait aucune raison sérieuse à lui objecter. Il suffirait d'entendre par là que Dieu est une âme assistante et non informante; qu'il ne fait pas partie constitutive du monde, mais qu'il en est, pour ainsi dire, l'ordonnateur et le pilote. — Bn second lieu, tous les philosophes reconnaissent qu'il existe ^e certaine chaleur diffuse dans tout l'univers, que cette chaleur soit naturelle à tous les éléments qui le composent, ou Qu'elle ait sa source dans quelques-unes de ses parties seulement, comme dans le soleil, par exemple; or, pourquoi ne <lonnerait-on pas le nom d'âme à cette chaleur intérieure? — ïi^lte opinion est expressément défendue par Démocrite, Hippo- Cfftle, Aristote, qui reconnaissent qu'il y a une certaine chaleur répandue par tout le monde qui, lorsque toutes les conditions requises sont présentes, peut devenir âme et engendrer tous les êtres vivants *.
Ces considérations sont encore, il est vrai, bien générales et bien vagues; Gassendi, dans un chapitre spécial sur « la nature du globe terrestre * », les complète et les précise. Mais, il n'ignore point combien il est difficile d'atteindre à la certitude,