Gass.^ t. Il, p
les hommes engendrés par leurs parents se vont multipliant san cesse par une procréation successive de père en flls, les homm doivent avoir toujours existé, et toujours avoir été engendré ainsi, sans que leur espèce n'ait jamais eu d'origine. »
Gassendi répond que rien ne s'oppose à ce qu'on rattache tou
les mouvements à un premier moteur, en ce sens que ce mo — teur a créé tous les mobiles et leur a imprimé la force par- ' laquelle ils se meuvent. De plus, il ajoute qu'une substanc^^ aépatée ne laisse pas d'être un acte parfait, lors même qu'elle ne mouvrait pas actuellement les cieux ; « d'autant plus que, si cette substance est Dieu même, rien ne lui peut être ajouté ou ôté : le monde et le mouvement du monde lui étant une pure relation ou, comme on dit ordinairement, une dénomination extérieure. Enfin, Dieu, en créant le monde et en le créant dans un temps, non dans un autre, a fait ce qui était le meilleur, car il n'était pas possible qu'une chose lui plût qui ne fût pas excellente ^ »
Il nous faut donc conclure que si Dieu est la cause du monde; que si de toute éternité son entendement en a conçu l'idée, comme le pensent les platoniciens, rien ne pouvait le contraindre à réaliser cette idée éternellement : sa liberté n'a d'autres limites que celles de sa sagesse, dont les desseins nous sont inconnus.
Il resterait à se demander depuis quand le monde est créé; mais sur un tel sujet nous en sommes réduits à des conjectures invérifiables, partant sans valeur.
III. — Nous trouvons, sur la fin comme sur l'origine du monde, deux opinions diamétralement opposées. Tous ceux qui soutiennent qu'il n'a point commencé, soutiennent également qu'il n'aura point de fin; tous ceux, au contraire, qui pensent qu'il a été créé, pensent aussi qu'il finira un jour.
En faveur de cette dernière opinion qu'il adopte, Gassendi reproduit, en les commentant, les arguments d'Épicure et de Lucrèce. En premier lieu, de ce fait seul qu'un être a été créé, nous disent-ils, on peut conclure qu'il périra. En effet,. pourquoi, ayant trouvé une cause pour le produire, n'en trouverait-il pas une pour l'anéantir? Ces causes d'ailleurs sont des plus nom-