‹ La philosophie de GassendiChapitre 65 sur 178 · DE L'AME SENSITIVE ET DE L'AME RAISONNABLE · texte numérisé non relu

DE L'AME SENSITIVE ET DE L'AME RAISONNABLE

Après avoir étudié les propriétés natarelles et vitales des choses, étudions les facultés plus complexes par lesquelles elles sentent et connaissent. Cette partie de la doctrine de Gassendi, la plus remarquable assurément, est peut-être ausssi la moins remarquée, malgré les tentatives de réhabilitation qui ont été faites à plusieurs reprises par ses historiens. La faute en est, croyons-nous, moins à Gassendi qu'à ces historiens eux-mêmes, car s'ils ont apporté tous leurs soins à nous montrer le spiritualisme de leur maître et à réfuter les accusations de sensualisme élevées contre lui, ils ont trop négligé de mettre en relief les analyses psychologiques si Ones et si judicieuses qu'il nous a laissées; ses aperçus ingénieux et féconds, sa méthode toujours rigoureuse et sûre. Ici encore, le meilleur moyen de plaider la cause de Gassendi sera de le laisser parler lui-même, ou plutôt de résumer fidèlement sa pensée en la dégageant des développements un peu longs et touffus qui parfois l'enveloppent et l'obscurcissent. Nous verrons ainsi que, certainement, aucun philosophe du xvii* siècle n'a aussi bien connu l'âme humaine; qu'aucun n'en a analysé les facultés avec autant de sagacité pénétrante; qu'aucun n'est plus rapproché des psychologues contemporains. Une seule chose dans cette étude a nécessairement vieilli : ce sont les hypothèses physiologiques auxquelles Gassendi a recours pour expliquer le mécanisme de nos pensées et de nos sentiments, mais ses analyses psychologiques n'en conservent pas moins toute leur valeur.

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