‹ La philosophie de GassendiChapitre 71 sur 178 · Y. plus haut, p · texte numérisé non relu

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entre cette représentation et sa perception actuelle, qu'il reconnaît son erreur. Tout à l'heure il avait uni ces deux termes : homme et maître; maintenant, il les sépare.

Toutefois, Gassendi nous fait judicieusement observer qu'il ne faut pas se méprendre sur le véritable caractère de l'affirmation qui est impliquée dans ces jugements. « Ce n'est point tant, nous dit-il, distinctement ou actuellement que la phantaisie joint et assemble, que tacitement et en puissance, » Il en est de même lorsqu'elle disjoint les termes. Par là se trouvent nettement marquées les différences qui séparent le jugement purement intellectuel, dû à Tentendement, du jugement imaginatif. Par l'entendement, nous pouvons concevoir les qualités réunies dans l'affirmation comme des abstraits-, par la phantaisie, nous « appréhendons les choses et leurs adjoints non seulement conjointement, concrète, mais comme formant une seule et même chose, unitim, seu tanquam quid unum *. » « C'est pourquoi les hommes qui discernent le sujet et l'attribut comme deux choses, énoncent distinctement la copule ou le verbe est, mais dans renonciation du chien elle semble être contenue simplement en puissance, en tant qu'il appréhende le sujet et l'atttribut comme un, » — On peut même tirer de ces remarques une nouvelle conséquence , c'est que, à proprement parler, il n'y a pas pour la phantaisie de jugements purement négatifs; l'animal pense moins : cet homme n'est pas mon maître», que : cet homme est étranger; de même nous disons plutôt de l'absinthe : elle est amère, que : elle n'est pas douce; d'une chose : elle est mauvaise, que : elle n'est pas bonne *. C'est que « les sens et la faculté attachée aux sens ne sont pas mus et excités par des privations» mais bien par des qualités véritables ». Le jugement négatif, explicitement conçu et formulé, implique comparaison, partant réflexion, c'est-à-dire intervention d'une faculté supérieure.

Jusqu'ici nous ne nous sommes occupés que du jugement particulier; plus difficile est l'explication du jugement universel. — Quand un chien voit un homme ramasser des pierres, il prend la fuite : n'est-ce pas qu'il a formé en lui ce jugement : « quiconque des hommes ramasse des pierres doit frapper? » — Les deux appréhensions : celle d'homme et celle de pierre sont ici

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