‹ La philosophie de GassendiChapitre 76 sur 178 · Gass., II · texte numérisé non relu

Gass., II

de la même façon par les esprits qui entrent dans les vestige» imprimés, qu'elle la été auparavant par les esprits lorsqu'iUont imprimé les vestiges * ».

Mais alors comment se fait-il que nous perdions le souvenir de nos songes, au réveil, et que, pendant le sommeil, nous croyions à leur réalité*?

L'oubli de la plupart de nos rêves, répond Gassendi, a probablement sa cause dans la nature même des impressions qui lesont fait naître. Si ces impressions, dues au mouvement des esprits, sont la simple reproduction de nos impressions anciennes, sansqu'aucune sensation nouvelle ne s'y soit ajoutée, il est naturel qu'au sortir du sommeil, le souvenir de la vie vécue efface celui de la vie rêvée. Il est possible cependant que des sensations nouvelles se soient produites, sans que Tesprit se les rappelle; c'est qu'alors elles ont été si faibles et leurs traces en nous si légères,, qu'elles disparaissent en quelque sorte devant la clarté des perceptions sensibles, dès que nos sens se réveillent.

Quant à notre croyance spontanée à la réalité de nos rêves, elle s'explique par ce simple fait que, dans le sommeil, nos sensétant clos aux excitations du dehors, et notre entendement étant lui-même au repos, tout contrôle des représentations mentales nous devient impossible. Pourquoi, pendant la veille,, n'accordons-nous aucun crédit aux fictions de l'imagination? C'est qu'à chaque instant les données des sens sont là pour- les contredire. Pourquoi, lorsqu'un bâton plongé dans l'eau nous apparaît brisé, doutons-nous de l'apparence? Parce que le témoignage de la vue est contrôlé par celui du toucher guidé par la raison. Nos sensations se redressent donc, pour ainsi dire, les uns les autres ; il y a lutte entre nos représentations et cellelà est jugée vraie qui n'est contredite par rien. Gassendi trouve

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