Id., t. VI, p
nëteté/sa doctrine sera moins combattue. » Un mois plus tard, en novembre, il lui envoie la biographie d'Épicure * ; peu de temps après *, en décembre, la réfutation des calomnies ayant cours contre sa piété, son orgueil et son intempérance ; enfin ^, en janvier 1642, il prouve, en s'appuyant sur de sérieuses autorités, que les mœurs d'Épicure furent irréprochables et que Tépithète de voluptueux ne saurait sans injustice lui être appliquée.
L'homme ainsi justifié, il se sent plus à Taise pour en défendre le système. Nous verrons bientôt dans quelle mesure il l'accepte en exposant sa propre doctrine,
V. — Cette doctrine, comme nous Favons dit, se trouve surtout contenue dans le Syntagma phiiosopkicum^ achevé seulement en 1655, six années après sa dernière élude sur Épicure.
Disons de suite que cet ouvrage n'eut point le succès de ses aînés. Pour beaucoup, Gassendi resta l'ennemi des péripatéticiens et l'adversaire de Descartes; il ne fut jamais considéré comme un philosophe original et profond. Ce jugement semble avoir été ratifié par l'histoire. Il serait prématuré d'en discuter ici la valeur, cependant il est possible d'indiquer dès maintenant quelques-unes des raisons qui l'expliquent.
Parmi ces raisons, Brucker, l'un des premiers qui ait entrepris l'œuvre de réhabilitation que nous poursuivons aujourd'hui, signale non sans motif et sans ironie la modestie de Gassendi, qui était excessive. Ne l'avons-nous pas entendu déjà déclarer hautement qu'il n'ambitionne aucunement la gloire d'être un chef d'école écouté *? S'il expose une théorie qui lui soit propre et qu'il ne puisse abriter sous l'autorité d'un grand maître, il semble épuiser la liste des formes dubitatives, comme s'il nous demandait pardon de son audace. Autant il est net, incisif lorsqu'il attaque Terreur ou lorsqu'il fait connaître les opinions d'autrui qu'il approuve, autant il est hésitant ou plutôt parait l'être lorsqu'il parle en son nom! Or, comment ajouter foi à un penseur aussi timide? Tout autre était le langage des