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Dieu. — Toutefois, ne doivent pas être rangées parmi les premiers principes, les propositions dont Tévidence ne frappe qu'à la suite d'un raisonnement et d'un certain travail de Tesprit.
S'appuyant sur les caractères mêmes que nous avons reconnus à ces principes, quelques philosophes ont pensé qu'ils doivent être nés avec nous et antérieurs à toute expérience; Gassendi, au contraire, raisonnant ici comme il a raisonné au sujet des idées, soutient qu'ils dérivent, comme toutes nos connaissances, d'ailleurs, des données des sens interprétées par l'entendement.
Considérons d'abord ce principe : Le tout est plus grand que la partie. Pourquoi nous parait-il d'une évidence parfaite et lui accordons-nous immédiatement notre consentement? Parce que depuis notre naissance nous n'avons jamais vu qu'il en fût autrement. (( II arrive de là que, lorsque nous entendons cet axiome pour la première fois et que nous concevons ce qu'on appelle : Tout, Partie, Plus grand, il se présente à notre esprit, comme en un moment, quelques-uns de ces sortes d'exemples : la maison est plus grande que le toit, l'homme que la tète ; l'arbre que la branche, etc.. ce qui fait que sans hésiter nous tenons Taxiome pour vrai et l'admettons volontiers *. » Nous pourrions en dire autant de cet autre axiome : La même chose ne peut pas en même temps être et n'être pas, sous le même rapport; et de tous ceux qui se ramènent en définitive au principe d'identité. L'esprit n'ayant jamais trouvé en lui, ni hors de lui, la contradiction, il ne saurait la concevoir comme possible.
Les mêmes remarques, nous dit Gassendi, s'appliquent aux principes physiques et moraux. La raison en est que « ces principes sont énoncés universellement et que notre entendement ne peut rien admettre universellement qu'il ne l'examine partie à partie, ou qu'il ne se souvienne de l'avoir examiné de la sorte. Car quiconque énonce une proposition universelle ne peut le faire qu'il ne la lire et ne l'infère de tous ou de la plupart des singuliers qu'il ait observés, et il est constant que nous n'entendons ou ne concevons rien généralement que par les singuliers qui ont été précédemment connus. Or, ces sortes d'axiomes sont dits être connus par soi et naturellement, parce qu'ils se présentent d'abord à l'entendement et que l'induction des singuliers