CHAPITRE i
sœur Morave, c'est devoir que son mysticisme dérivait trop facilement vers les expériences physiques et sensibles de la théurgie, et s'égarait dans les cornues de l'alchimie à la recherche du grand œuvre. Hélas î ces illuminées ont trop souvent leur imperfection secrète et leur travers. Mme de Krùdner tenait à être belle, à le paraître, à toucher les cœurs plus sensiblement encore que par la grâce mystique qui émanait de son àme. Mlle de Klettenberg poursuivait obstinément la pierre philosophale ; elle la cherchait au fond de ses creusets, sans s'apercevoir qu'elle l'aurait trouvée plus sûrement dans le sanctuaire de son cœur, et qu'elle dissipait le trésor intérieur dans ces rites bizarres d'un matérialisme superstitieux.
Voilîi Goethe engagé dans la pieuse confrérie. Le voilà même admis aux honneurs, choisi par Mlle de Klettenberg pour étudier avec elle VOpus Mago-Cabbalisticum de VVelling, pour chercher avec elle le secret de l'auteur, un instant entrevu et disparaissant tout à I' couj» dans ces alternatives de lumière et d'obscurité qui désespéraient les deux amis. Bientôt cet ouvrage ne; leur suffit pas. Ils remontent aux sources; ils étudient avec une sainte fureur les classiques du genre : Paracelse, Basile, Yalentin, van lïelmont, Starckey et les autres y passent tour à tour ; mais toutes les prédilections de Goethe furent pour YAurea calena Horneri, c< dans laquelle la nature est présentée, bien que d'une manière peut-être fantastique, dans un bel enchaînement. » Durant un long hiver, sa mère et Mlle de Klettenberg passèrent toutes leurs soirées avec lui à déchiffrer ces grimoires et d'autres semblables. Goethe nous assure (|ue ce furent des soirées charmantes. Cependant
^(j PHILOSOPHIE DE GOETHE
en s évaporant, s unu avec ic»
ol nrodu re enfin le sel aérien ! La ma.son de Mlle de H U nir/dcvint «ne véntablc oflicine d'alc n.me a £c eml au docteur Faust. Ce ne furent partout que Ï reau à vent, cornues de grande et -^'^^^ deur, bains de sable, ballons transforme en cap^^^^^^^^^ récit ients de toute forme pour recueillir es se s ZZnsli la liqueur des cailloux {liquor sûicum). Te Stat le plus clair de toutes ces opérations, qui flïïS la Lt et dans le plus grand secrj.,^^^^^^^^^
fnt ni le sel aérien, ni la terre merge, m a pieu e uos! baie ; ce fut d'babituer Goetbe «"^ expe.« et de lui faire ac.iuérir des connaissances utiles en Ltt L attention' sur l- d^er- cristalUsations q pouvaient se présenter dans le cours de ;cs buams travui^ 11 apprit à distinguer et a classer les loi mes Snèlires ièVu-ms -•>^tances naturelles epasj bientôt, par une transition insensible, d lO^u ^ij no-Cabbalislicum au Compendium de cln.u c de Boerhave. Sa passion scientifique s'evei la ainsi, et son nstruction positive commença au milieu des in- Z^ ridicules du ,nacrocos,ne et du m^crocos,ne. Tout son temps n'avait pas été perdu. . . ,
Nous n'avons pas craint d'insister sur cet épisode éti'i 1 : de la ieLesse de Goetbe, ,.rçe que nous
-rprenons ^,^^^ ^^^^^ T^ u e^^ un instinct qui persista toute sa \ic ti qu