‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 11 sur 140 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

son imagination, sinon sa raison, vers les sciences plus ou moins occultes. H participa ainsi à Tune des tentations de son siècle, et paya de la même rançon raffranchissement absolu de sa pensée. On a noté depuis longtemps ce trait de toutes les époques sceptiques, le goût du merveilleux. Les croyances superstitieuses semblent être la dernière foi des siècles incrédules. UAne (VOr d'Apulée est d'un âge où l'on ne croyait plus aux dieux. Voltaire et Diderot n'étaient pas morts que déjà depuis plusieurs années Mesmer, Cagliostro, Saint-Martin, étaient nés. A Paris même, dans la pleine lumière de la civilisation moderne, à deux pas des laboratoires où se développe la science positive, la raison publicpie est-elle garantie contre toutes les illusions? Ne sonunes-nous pas tous les jours témoins de ces entraînements de la curiosité publique, qui se prête avec tant de com[)laisance aux formes nouvelles de la tbéurgie du dix-neuvième siècle? On dirait que la population qui s'estime elle-même la plus spirituelle du monde, qui en est à coup sûr la plus sceptique laisse parfois son bon sens aller à la dérive ou s'entraîner lui-même dans un vertige. Si la foi a baissé parmi nous, ne semble-t-il pas souvent (pie ce soit au profit d'une sorte de folie mystique?

Gœtlie ressentit toujours un certain attrait pour ce coté nocturne de la science et de la nature. Longtemps après les rêveries cabalistiques de sa dix-neuvième année, quand il écrivait son Traité des Couleurs, voyez de quel ton indulgent il parle de Paracelse et de ses successeurs, comme il plaide en leur faveur les circonstances atténuantes et développe avec complaisance ce qu'on pourrait appeler la phi-

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losophie de ralchi.nie! «Si l'on considère, dit-il, 3Lc en .énoral, on reconnaît que son ,,o.nt de départ est le mè.ne que celui des autres supersUt.on^^^ * !.. /Li fniY o\ flo vrai, un Dona pai

elr lus «:;; élançons de l'idée à la réalité, une le application du sentin.ent, une 1— se -ntcuso .,ui natte nos illusions et nos souhaits. S 1 on rc'rd comme les plus hautes aspu-atmns de la Son les trois idées si inti.nemont liées l'une a 1 aut.e de Dieu, de la vertu et do l'immortalité, on trouvera trois idées terrestres qui leur correspondent 1 o. U santé la longévité. I/or est aussi puissant sm la Ir que Dieu l'est dans l'univers; la santé et la Icrh sont étroitements unies : aussi désirons-nous un c pr t ^ain dans un corps sain ; la longévité correspond à ni. ortalité. S'il est nohlc do développer en soi ce ois hautes idées et de les cultiver pour 1 eterni é, il sera également désirahle d'ac,,uerir la pms- Lc'e sur les idées terrestres qui ''•"7:;'-;°"Ji, Or ces trois éléments de la plus parlaite ielicite don lus naissions jouir ici-bas paraissent si étroitement ul qù" euihle tout naturel de les réahser par un s" 'ilyen'. » U ne méprise pas la magie natiirole ot à l'occasion de Jean-Baptiste Porta il montre qu l t a une certaine grandeur dans cette illusion (pu lolle foruie ou sous une autre, vient tenter e.pn

humain « La magie naturelle espère, dit-il, pai 1 em Ï "■ moyens Ltifs, excéder les limites du pouvoir Ulire de l'homme et atteindre à des effets qm

duction des passages ii.» p'" œuvres scientifiques de Goethe.

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