‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 134 sur 140 · EXTRAITS DES POÉSIES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

EXTRAITS DES POÉSIES PHILOSOPHIQUES

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PHOŒMIt M

Au nom de Celui qui se créa lui-même, de toute éternité en fonction créatrice ; en son nom, qui crée la foi, la conliance, l'amour, l'activité, la force; au nom de Celui ([ui, si souvent nonuué, est resté toujours inconnu dans s(m essence :

Aussi loin que l'oreille, aussi loin i\\w l'œil puisse atteindre, tu ne trouves que le connu ([ui lui ressemble, et le vol enllammé de ton esprit, si haut (pi'il s'élève, a bien assez du symbole, assez de l'image; tu es attiié, entraîné ravi ; oii (fue tu avances-, le chemin et le lieu se parent: tu ne comptes plus, tu ne calcules plus le temps, et chaque pas est l'immensité.

Que serait un Dieu qui donnerait seulement l'impulsion du dehors, qui ferait tourner l'univers en cercle autour de son doigt? Il lui sied de mouvoir le monde dans l'intérieur, de porter la nature en lui, de résider lui-même- dans la nature, si bien que ce

L AME DU >IOM>i;

Dispersez-vous de ce saint banquet dans toutes les les régions. Elancez-vous avec enthousiasme à travers les zones les plus voisines dans l'univers et le i'enq)lissez !

Déjà vous bercez dans des lointahis immenses 1 heureux songe des dieux, et vous brillez, astres nouveaux, parmi les astres, vos frères, dans les champs semés de lumière.

Puis vous courez, puissantes comètes, dans des esi)aces toujours plus grands ; le labyrinthe des soleds et des planètes entrecoupe votre carrière.

Vous vous emparez brusquement des tenes informes, et vous déj)loyez votre jeune force créatrice, ahn qu'elles s'animent, qu'elles s'animent de plus en plus dans leur vol mesuré.

Et, faisant votre période, vous produisez dans les airs émus les fleurs diverses ; vous imposez à la pierre, dans tous ses abîmes, ses formes permanentes.

Alors, avec une audace divine, chaque chose s'ef-

-^.2 PHILOSOPHIK DE «iOKTIIR

foico (le se surpasser ; l'eau stérile veut verdoyer, et

chaque grain de poussière s'anime.

Ainsi, par une lutte amicale, vous dissipez la nuit des vapeurs humides ; puis les vastes plaines du paradis resplendissent, émaillées des plus riches

couleurs.

Bientôt s'éveille, pour contempler la douce lumière, une multitude aux mille tonnes, el vous êtes saisi d'étonnement dans les campagnes heureuses, premier couple d'amants !

Bientôt s'apaise une ardeur sans bornes dans réchange délicieux des regards, et vous recevez avec reconnaissance la plus belle vie qui émane de l'Etre universel et que vous lui rendez.

l'individu et le tout

Pour se retrouver dans l'infini, l'individu s'évanouit volontiers. Là se dissipe tout ennui. Au lieu du hriilant désir, de la fougueuse volonté, au lieu des t'aticrantes exigences du rigoureux devoir, s'abandonner est une jouissance.

Auu^ (lu uu)nde, Dieu nous pénètre î Et la noble fonction de nos forces sera de lutter nous-mêmes avec l'esprit de l'univers. De bons génies, qui nous aiment, nous conduisent doucement, instituteurs sublimes, vers Celui qui crée et créa tout.

Et, pour transformer la création, afin ([u'elle ne se retranche pas dans l'immobilité, opère l'action éternelle vivante. Ce qui n'était pas veut maintenant preu-

AI'J'Ii.MUCK -«-

lire rètic comme purs soleils, comme terres colorées et no doit jamais rester en repos.

Il fmit ,|u-il se meuve, .pril agisse en créant, qu'il se forme d abord, puis se transforme; s'il semble se reposer un moment, ce n'est f|u'en a])parence

L'essence éternelle se meut sans cesse en toutes choses, car fout doit tomber dans le néant, s'il veut persister dans l'être.

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