CHAPITRE II
eause du portrait, car la gravure était misérable une vraie caricature. Cela rappelait ces adversaires' nui commencent par dérigurer celui auquel ils veulent du mal, et qui le combattent ensuite comme un monstre. » L'auteur de ce pamphlet était de cette ^cole pieuse qui, dès la fin du dix-septième siècle, alïecta de confondre le spinozisme avec l'athéisme I>ur. A cette école appartenait le doux Malebranche qui, dans sa correspondance, traite tout simplement Spinoza de misérable athée, sans doute pour décliner par la violence exagérée de l'expression, tout smipcon de parenté entre YÉtkigue et la Recherche de la vente, - Ce méu-hant petit livre ne fit aucune impression sur Goethe, « parce qu'en général il n'aima.t ,)as les controverses, et qu'il préférait toujours api-ndre de l'homme ce qu'il pensait plutôt' q n .ndre dire à un autre ce que cet homme aurliit
1 Q " ?"""'^^ ^^'''^'^'' P^"^'^^"^t à lire ' article Spinoza dans le dictionnaire de Bayle
J en lut assez mécontent, sans doute parce
^P»'' ne saisit pas bien, à une lecture rapide e
V^^^^ n.omque de Bayle, qui aime à crche; sa
ai pensée sous une affectation d'orthodoxie de
d ,1 1 bT"" '""' '^ "^ '^^^^'^"^ extrêmement méditât 1, applique a ses études, bon citoyen am exi>ansif, tranquille et doux, en sorte qu'on p^ai^is al avoir entièrement oublié la parole de vC^ ^ « A ous les reconnaîtrez à leurs fruits. » En effet corn Irnen .me .e agréable à Dieu et aux hommesVé . IcKi-t-elle de maximes funestes? Je me rappelais en-
core très bien le calme et la clarté qui s'étaient répandus en moi, lorsqu'un jour j'avais parcomu les ouvrages laissés par ce penseur original. L'cllVt otait encore parfaitement distinct, mais les détails étaient effacés de ma mémoire. Je m'empressai donc de revenir à ses écrits, auxquels j'avais eu tant d'obligations, et je sentis l'impression du même souille de paix. Je m'adonnai à cette lecture, et je crus, portant mes regards en moi-même, n'avoir jamais eu une vue si claire du monde. » Dans une autre paitie de ses Mémoires^ faisant allusion aux tentations qui avaient séduit un instant son esprit et l'avaient sollicité dans les sens les plus contradictoires tantôt vers la chimie mystique, tantôt vers les doctrines des frères moraves, dans les intervalles de « ses dissipations », Goethe exprime avec ravissement le bonh(»ur inteUectuel que lui donna la lecture- de Spinoza. « Après avoir cherché vainement dans le monde entier un moyen de culture pour ma nature étrange, je finis par' rencontrer V Éthique. Ce que j'ai pu tirer de cet ouvrage, ce que j'ai pu y mettre du mien, je ne saurais en rendre compte; mais j'y trouvais l'apaisement de mes passions, une grande et libre perspective sur le monde sensible et le monde moral semblait s'ouvrir devant moi. » Telles étaient ses impressions d'esprit, vers la fin de ce fameux voyage avec Lavater (1774), lorsque, fatigué de sa courte folie, mécontent « d'avoir trouvé pour son cœur et pour son àme si peu d'aliments » dans ce voyage qui devait être une initiation, il méditait di\jà de quitter son compagnon de route. 11 descendait le Rhin alors, et l'élargissem£*nt du fleuve invitait son imagination à s'étendre