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Vérité et Poésie, troisième partie, liv. XIV

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pressions opposées, et ce n'est que par l'opposition même que je puis être tenté de rapprocher ces confidences et les intelligences d'où elles sont sorties; mais est-ce la première fois que dans l'ordre des sentiments et des idées deux situations contraires s'éclairent l'une par l'autre?

Tout ici diffère : la nature extérieiue et les ànies ; mais que d'enseignements dans ce contraste même ! Quelle tristesse dans la confidence de Jouffroy, quelle teinte lugubre dans ses idées ! Tout conspire à jeter sur cette scène un air de désolation : cette soirée de décembre, cette chambre étroite et nue où retentissaient longtemps après l'heure du sommeil les pas du promeneur solitaire, cette lune, à demi voilée par les nuages, qui en éclairait par intervalles les froids carreaux, les heures glacées d(î la nuit qui s'écoulaient sans qu'il s'en aperçut pendant qu'il suivait sa pensée descendant de couche en couche vers le fond de sa conscience et dissipant l'une après l'autre les dernières illusions, le rêveur tout seul, en proie à l'angoisse, écoutant au fond de lui-même ce grand écroulement du passé, son anxiété presque désespérée en face de l'inconnu (uii commence pour lui. Ici au contraire comme tout est brillant, lumineux, rempli de sérénité ! Comme tout respire la confiance et l'espoir ! Cette b(>lle nuit d'été, ce reflet (h la lune qui treudjle sur le large lleuve, le Rhin paisible, étalé au loin à travers la campagne, la calme magnificence de cette nature qui se repose, ces deux auns appuyés l'un sur l'autre près de cette fenêtre ouverte, s'abandonnant à la délicieuse extase des grands entretiens, se confiant leurs vastes es|)érances, s'exci-

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