‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 24 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

que le 7noi pourrait bien être aussi étendu que le non moi, ou le 7ion moi aussi spirituel que le moi, la nouvelle physique réduisant tous les corps à des gaz (ou même à des éléments de force) et le moi étant aussi bien dans l'espace que le non moi dans le temps. Nous nous sommes enfoncés dans la question de la création. « Il est aisé, a-t-il dit, de s'élever à Dieu, mais très difficile d'en descendre. Là on ne peut marcher régulièrement; il faut sauter de l'infini dans le fini. » — « L'esprit et la matière, une fois unis, sont nnmortels; le corps ne périt pas plus que l'esprit i ncn ne périt et ne peut périr. » — Schleiermacher est un des types les plus brillants dans lesquels on puisse étudier cette singulière renaissance du spinozis- •ne. Orateur religieux, il ne croyait pas f-iire tort à I orthodoxie en adressant cette apostrophe célèbre à ses auditeurs dans le temple évangélique : « Venez sacrifier avec moi une boucle de cheveux aux mânes du saint et méconnu S|)inoza! Le sublime esprit du monde le pénétra, l'infini fut son commencement et sa fin, Tuniversel son unique et éternel amour; vivant dans une sainte innocence et dans une humilité profonde, il se mira dans le monde éternel, et il en était lui-même le miroir fidèle : il était rempli de religion et plein de l'Esprit saint ; c'est pour cela qu'il est seul, placé à une hauteur où personne encore n'a su atteindre, maître en son art, mais élevé bien au-dessus du monde profane, sans disciples et sans droit de cité. » C'est un vrai dithyrambe : l'apothéose commence ; mais qu'on ne perde pas de vue que cet enthousiasme s'exprime en termes très vagues et qu'il laisse à l'oiateur toute sa liberté à l'égard du système. L'Esprit du monde

,.,11I..)S01M1IK 1>K <;"KTI1K

• • . r. ,!..>; mots qui font un singuliei' VEsprit sa.nt : ^ ; ,,t .^^ JvèrcdeS,,ino.a. Cet contraste avec la t. . m m ,,,„,.é,uonl, et

d„ panthéi.ne -yj -.''j^^iTu ,,,ae chez S,>ibeancoup, dans \hth,quc, ^ ^„,. ^^j j,; „„ peu eiîa-

no.a son --?^-^^^ r'^^'^^'J^t ^ lisin,- et

--'.'« n^Ï;X^a^S;:e;uni.p.e,ee.U^^ Schlciermaelun, u e^t plus .. ^^^^^^^^ ^^^^

est en soi et c.nçu par -^-'^\ ,;, ,ilîè.-e plus ^,lt,-,,..„s qui foru.ent son « -"^ / ! . „. ^„„,,e,„enl 'l-^^^'--':;';f.en^—iU:•aansles plan.es, dans les cauxe Us >'^"' rhonime, et -eu.-

s-cveillc dans 1 ='"''''"';.l""'' „ ' ,,,i, „e se repose et plil Vunivers d'une activité .pn j.unais

ne s'épuise. vileina<'ne îi l'<'ga'''l ''"

Tel fut le .nalentendu '!« ^ .^"^ ;^^'; „„,, , .,;t,ii ,,„,-,

Spino/.a. Elle se crut «1"'""',* ""(.^ ^ fut préeiséu.ent jantUéiste. Le n.alen.en u .1. t. 1^' . ,^, ,.^,^..,

^^••"" '''""n dwtr dan'; l'I-toiie de sa vie m la nature. îsulle paît, ^.^ ^.^^.j.^.^ ,„ ,ians

,lans sa correspondanee m a.tn^^ Eekevn.ann et les

«es entretiens ;";;;;;f ,;\,,i„l,;allusion au ^sti-me autres on ne t o >. ^^.^^.^^^.,^,^ j., , ,,,-

particulier de ,^P"^;; ,^ ^it..-,,,,,,, et des modes, a stance consuleree a (.aiiu ,i.,,.,.i„,,,,e, non pas

cette déduction du uiondj^^;;-;^^^^

organi.punTient, ""'^ .^ ,,„te,u.aisà la manière façon d'un ;'""- '' ". ;^^ ,« Goethe lui emprunte a-«n théorème. ^^^ ;\% ,„, flottantes; elles se sont beaucoup l'^>- * ';;.'^'.V„,.al. « Ce grand être ,éduiseiit à un aïKi.u t ^ n ^^ ^^^^^ ^,,,

qvie nous noimuoii. la Uivm

<:iiA('rfKK u .^^

seulement dans l'homme, il se manifeste aussi dans une nehe et puissante nature et dans les i.n.nenses événements ch. monde; une i.nagc de Ini formée à I a,de des seules qualités de l'homme ne peut donc ^"fhre, et 1 observateur reneontr,.ra bientôt des lacunes et des contrad.cl.ons qui le conduiront au doute n.eme au desespoir, s'il n'est pas assez médioerc pou.' se laisser ealmer par une défaite spécieuse, ou s'il nest pas assez gran.l pour parvenir à un point de vue pb,s eleve. -Ce point de vue, ajoute Eckermann, (.ne be de bonne heme le trouva dans Spinoza, et iî -pl^ut a reconnaître combien les aperçus de ce «rand I-nseur rep<,ndaient aux besoins de sa jeunesse. Il se v..ouva.t en lu,, et c'est en lui qu'il pouvait aperc - >o,r la uiedleure confirmation de lui-même'. »

te qm I attire surtout vers ÏÉfhnjue, c'est l'im-

pression morale qu'il y recueille. « Ma confiance en

pmoza reposait sur l'effet paisible qu'il produisait

n mo . . L,. calme de Spinoza apaisait tout on moi. .

Je sentais en le lisant comme un souille de pai

""sc.ls de resignatu.ft fière, une sorte de stoïcisme

1'" a son austérité et sa grandeur. Goethe étair^

^ .™.nt sensible à cette influence morale'!

>5 sterne, ,1 sefloree de montrer à diverses reprises

;iue Pinoza ..eul a donné à l'homme les vérS,

^ e, que lu. seul a donné une théorie philosophique du désintéressement. F'"que

Les aperçus qu'il développe à cette occasion mé-

Page 1