I- Conoasaliou avec Eekernmim, l. I, ,,. 2«o
ritcnt d'être recueillis à travers les pages nombreuses où ils sont dispersés. Nous les résumons :
« Notre vie physique et sociale, dit-il, nos mœurs, nos habitudes, tout, même les événements accidentels, nous appelle au renoncement. Il est beaucoup dt^ choses qui nous appartiennent de la manière la plus intime et que nous ne devons pas produire au dehors; celles du dehors dont nous avons besoin pour le complément de notre existence nous sont refusées; un grand nombre, au contraire, nous sont imposées, quoique étrangères et importunes. On nous dépouille de ce que nous avons acquis péniblement, de ce qu'on nous a dispensé avec bienveillance, et avant que nous soyons bien éclairés là-dessus, nous nous trouvons contraints de renoncer, d'abord en détail, puis complètement, à notre personnalité. Ajoutez qu'il est passé en coutume qu'on n'estime pas celui qui en témoigne sa mauvaise humeur. Au contraire, plus le calice est amer, plus on doit montrer un visage seiein, afin que le spectateur tranquille ne soit pas blessé pai* quelque grimace. — Or, pour accomplir cette tàclie difficile du renoncement, c'est une déhîstable ressource que la légèreté. C'est grâce à elle que l'homme est capable, a chaque moment, de renoncer à une chose, pourvu qu'un moment après il en puisse saisir une nouvelle, et c'est ainsi qu'à notre insu nous réparons sans cesse toute notre vie à mesure qu'elle s'écroule, mettant une passion à la place d'une autre, essayant tout successivement, occupations, inclinations, fantaisies, marottes, pour nous écrier à la fin que tout est vanité, et tenter de nous consoler avec cette maxime fausse et même blasphématoire. — Il