‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 26 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

iJ> a que peu d'hommes qui sachent se préparer

virilement à supporter cette impression de Ja vie • ce

sont ceux qui, pour se dérober à toutes les rési^^na-

inns partielles, se résignent absolument une bonne

OIS Ces hom,nes, à l'exemple de Spinoza, se pénè-

rent de la pensée de ce qui est éternel, nécessaire,

légitime; Ils cherchent à se former des idées qui

soient indestructibles, qui, loin d'être abolies, par la

considération des choses passagères, en soient au con-

traire confirmées*. »

C'était là le texte habituel de ses longs entretiens spniozistes avec Jacobi. A cette époque de sa vie, Jacobi subissait la tentation de cette doctrine de l'unite absolue avec laquelle il devait rompre plus tard non sans éclat, au grand scandale de son ami Goethe! Mais 11 y eut alors entre eux une heure délicieuse d accord philosophique et d'affection intellectuelle qui ne revint jamais.

En nous racontant ce poétique st^jour qu'il fit à Pempc^lort, dans la maison de son ami, et les plaisirs plHlosophiques qu'il y goûta, Goethe rappelle Vïmpression que faisait sur son âme le désintéressement sans bornes qui éclate dans chacune des pensées de Spmoza, et que Jacobi lui faisait admirer. « Cette parôle admirable : Celui qui aime Dieu parfaitement ne doit pas demander que Dieu Vaime aussi, avec outes les prémisses sur lesquelles elle repose, avec toutes les conséquences qui en découlent, remplissait ma pçnsée. Etre désintéressé en tout, et plus que dans tout le reste, en amour et en amitié,' estait

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